Nyarugusu (Tanzanie) : l’heure de la circoncision des adultes a sonné
Une campagne pour la circoncition des adultes est menée par deux intervenants dans la santé, la Croix Rouge et Medical Team International, MTI. Elle va durer deux mois, jusqu’en décembre prochain. La participation est satisfaisante, selon une évaluation à mi-parcours. (SOS Médias Burundi)
La campagne concerne des hommes de plus de 15 ans et s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles.
« C’est une simple hygiène corporelle comme on rase sa barbe ou on coupe ses ongles. Ne soyez pas réticents et répondez massivement à la sensibilisation pour éviter des maladies sexuellement transmissibles qui passent par les appareils génitaux. Il n’y a pas de limite d’âge », ont expliqué les agents communautaires de la Croix Rouge et de Medical Team International.
Les opérations se font dans les centres de santé des zones 9 et 11 gérés par la Croix Rouge.
« Après deux semaines, nous pouvons dire que la campagne est suivie sans aucune difficulté majeure. On reçoit entre 20 et 30 candidats par jour. Sans compter aussi ceux qui viennent demander des informations là-dessus, ce qui est un bon signe. Les adultes de plus de 30 ans sont plus nombreux par rapport aux jeunes », détaillent ces structures sanitaires.
Les récits des circoncis sont « réconfortants ».
«Je suis guéri en si peu de temps, je croyais que c’est dur ou pénible, mais c’est chose facile. Je recommande aux hommes de répondre massivement à cette campagne. Pour le moment je suis fier et ma femme me confesse qu’il y a un changement positif lors des rapports sexuels », s’est réjoui un Burundais d’une trentaine d’années, avant d’ajouter que le jour de sa circoncision, il n’a vu que « des Congolais qui affluent vers ces structures pour la même raison ».
Cependant, les plus âgés affichent une certaine réticence.
« Imaginez un homme de 50, 60 ou encore 70 ans qui se fait toucher par une jeune infirmière sur les appareils génitaux. La culture peut nous rendre un peu réticent », affirment certains d’entre eux.
Une solution a été trouvée, car les infirmiers sont désormais de sexe masculin.
D’autres ne supportent pas une durée d’une semaine de « repos ou d’abstinence de rapports sexuels », pour que la plaie se cicatrise.
La Croix Rouge et MTI demandent aux réfugiés de peser sur les avantages de la circoncision au lieu de poser des obstacles inutiles.
Les réfugiés quant à eux, surtout des femmes, demandent que cette opération s’étende aussi aux jeunes garçons de moins de cinq ans.
Nyarugusu compte plus de 100.000 réfugiés, dont plus 48 mille Burundais, les autres étant des Congolais.
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Photo d’illustration : des jeunes garçons et hommes dont certains concernés par la campagne de circoncision sur une place publique au camp de Nyarugusu en Tanzanie
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