Rutana : des prisonniers rançonnés par leurs responsables
Les nouveaux détenus de la prison centrale de Rutana (sud-est du Burundi) sont sommés de payer une somme allant de 50.000 à 300.000 francs burundais par personne pour trouver une place où se loger.Ce sont les chefs des prisonniers qui exigent de leurs codétenus le paiement de cet argent. (SOS Médias Burundi)
Selon des sources au sein de l’établissement pénitentiaire de Rutana, des chefs de prisonniers exigent de leurs codétenus le paiement d’argent pour bénéficier d’une chambre.
« Une place dans une chambre la moins chère coûte 50 000 francs, la seconde vaut 150 000 francs, la troisième se paie 200 000 francs et la plus chère vaut 300 000 francs burundais », a révélé une source proche de cette prison.
« Cette pratique se fait alors que la ministre en charge de la Justice a ordonné que les responsables des prisonniers cessent de collecter ces frais. Le directeur de la prison avait ensuite tenu une réunion pour suspendre cette collecte. Mais au lieu d’abandonner cette conduite, les responsables des prisonniers ont juste réduit le prix de 500 mille francs à 300 mille pour la seule chambre des VIPs » , a signalé une source sur place.
Selon des sources proches de cette prison, les cas les plus récents des personnes victimes de cette collecte sont les 18 commerçants, chauffeurs et agents de l’Office burundais des recettes (OBR) originaires de la commune Giharo (même province) récemment interpellés et envoyés à cette maison d’arrêt pour » fraude et atteinte au bon fonctionnement de l’économie nationale » notamment.
Chacun a payé la somme de 300 mille francs soit 5.400.000 francs au total.
Les mêmes sources précisent que ceux qui sont à la tête de cette collecte sont Jérémie Karenzo qui est général principal, le chef de la chambre 1 VIP connu sous le sobriquet de Rujegezanyundo et un certain Raphaël qui partagent les sommes rassemblées.
Des familles expliquent qu’un détenu qui ne parvient pas à payer cet argent est passé à tabac par les chefs de sécurité. Il est en plus privé d’endroit où dormir jusqu’à ce que sa famille amène le montant exigé.
Les détenus demandent aux autorités pénitentiaires de prendre des mesures qui s’imposent pour arrêter cette pratique, surtout qu’il s’agit de chambres construites par l’Etat.
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Photo d’illustration : des détenus dans une tenue de prisonniers burundais
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