Burundi : les chiffres des hommes qui se suicident suite aux violences basées sur le genre inquiètent les activistes

Burundi : les chiffres des hommes qui se suicident suite aux violences basées sur le genre inquiètent les activistes

Au moins 40 hommes se sont suicidés au Burundi ces deux dernières années suite aux violences basées sur le genre. Le bilan est dressé par l’Association « Hommes en détresse » qui regrette que la justice et l’administration ne prennent pas en compte ce genre d’abus. (SOS Médias Burundi)

Au moins 40 hommes ont été victimes des suicides volontaires suite aux violences basées sur le genre qu’ils subissaient ces deux dernières années au Burundi. L’Association « Hommes en détresse » qui dresse le bilan regrette que la justice et l’administration ne prennent pas en compte les violences à l’encontre des hommes dans la société burundaise.

« Depuis octobre 2021 jusqu’à ce jour, notre association a déjà reçu 334 cas d’hommes qui sont victimes de violences basées sur le genre. Nous avons déjà dénombré 40 hommes qui se sont suicidés au cours de cette période suite à ces violences », affirme Boniface Nduwimana, président de cette association.

Pour lui, les activistes œuvrant dans ce domaine se heurtent à plusieurs obstacles. Il cite notamment « des représentants administratif et judiciaire qui ne prennent pas en compte les violences basées sur le genre à l’encontre des hommes. »

Un autre handicap et non des des moindres, la loi burundaise est muette sur les violences basées sur le genre chez les hommes, dénonce l’activiste.

« Ce qui empire la situation c’est le fait que le Burundi ne reconnaît pas la journée dédiée aux hommes », regrette M.Nduwimana.

Tabou

« Il y a une considération sociale au niveau de notre société qui met en avant l’homme. Il est toujours considéré comme la tête de la famille. Si une fois, l’homme est battu par sa femme, c’est considéré comme tabou, il ne le dira à personne. Il reste têtu et refuse de partager ça avec qui que ce soit , de peur d’être marginalisé et de perdre le statut d’un homme », analyse le sociologue, Pascal Butoyi.

Il conseille les hommes burundais à casser cette culture et oser en parler.

« A défaut des institutions, il faut approcher son voisin, lui raconter ce qui s’est passé et chercher des conseils », ajoute-t-il.

Pour Pascal Butoyi, cela va contribuer à repousser l’idée de suicide chez la victime.

Selon les dernières statistiques du ministère en charge des questions du genre (2021), au moins 14,926 personnes dont 2,372 hommes ont été victimes de violences basées sur le genre.

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