Goma : double arrestation suivie de la libération du journaliste Jimmy Shukrani Bakomera
Le correspondant de la Voix de l’Amérique Kirundi-Kinyarwanda à Goma, Jimmy Shukrani Bakomera a été arrêté ce lundi et mardi à Goma, par l’Agence nationale de renseignements (ANR). Il a été interrogé sur une quelconque collaboration avec une chaîne rwandaise en ligne. (SOS Médias Burundi)
Ce mardi comme ce lundi, notre confrère a été interpellé à son bureau dans la ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu). Son arrestation a fait suite à des informations diffusées sur une chaîne rwandaise en ligne sur les affrontements entre le M23 et l’armée congolaise et les milices locales entretenues par les autorités congolaises. Ce mardi, il a été relâché vers 20h 30, après plus de deux heures d’interrogatoire. Il avait passé le même moment d’interrogatoire ce lundi, aux mêmes heures. SOS Médias Burundi lui a parlé après l’audience.
La chaîne en question a utilisé un individu qui s’appelle « Shukrani » dans ses questions-réponses. Notre collègue a pu démontrer que sa voix est différente de celle de cet individu qui a été interviewé par cette chaîne.
« Mais certains agents ne sont pas encore rassurés. Ils restent convaincus que c’est Jimmy qui a donné des informations à ce médium rwandais », confie une source proche des renseignements congolais.
Même si ses proches s’étaient inquiétés, le jeune journaliste affirme que « je n’ai subi aucune violence ».
Mi février cette année, l’Agence nationale de renseignements avait arrêté Jimmy Shukrani Bakomera qu’elle soupçonnait de collaborer avec le M23.
Il a été relâché après un jour.
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Goma : libération du journaliste Jimmy Shukrani Bakomera
Plusieurs reporters ont été interpellés par les services congolais de sécurité ces derniers temps et retenus dans des cachots de la police ou de l’armée sans que leur employeur et famille ne soit informés.
La RDC occupe la 125e place (sur 180) au dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par l’organisation de défense des droits des journalistes Reporters sans frontières (RSF).
Depuis la résurgence du M23, les populations rwandophones vivant en RDC sont soupçonnées d’aider les rebelles et d’espionner pour le compte du Rwanda.
L’ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant aux autorités congolaises de n’avoir pas respecté leurs engagements sur la réinsertion de ses combattants , a récupéré plusieurs localités dans la province du Nord-Kivu dont Bunagana, la cité frontalière avec l’Ouganda, depuis mi juin 2022.
Les autorités congolaises restent persuadées qu’elle bénéficie du soutien du Rwanda, ce que le Rwanda nie toujours.
Vendredi dernier, Jimmy Shukrani Bakomera a été giflé par un officier de la police congolaise, sa carte de service écrasée alors qu’il était à la recherche des informations dans la ville de Goma.
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Photo : le journaliste Jimmy Shukrani Bakomera sur le terrain dans le Nord-Kivu
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