Burundi : la loi décisive sur la violence liée au genre doit être renforcée pour la rendre conforme aux normes régionales et internationales (Amnesty International)

Burundi : la loi décisive sur la violence liée au genre doit être renforcée pour la rendre conforme aux normes régionales et internationales (Amnesty International)

Ce mercredi, Amnesty International a sorti une nouvelle synthèse sur la violence liée au genre au Burundi.L’Organisation demande à l’Assemblée nationale du Burundi de remédier aux graves insuffisances de la loi historique adoptée en 2016 contre les violences liées au genre.Le Burundi devrait également corriger des incohérences avec d’autres textes en la matière, afin de garantir une prévention, une protection et une justice efficaces pour les victimes. (SOS Médias Burundi)

La Loi dont évoque Amnesty International date de 2016. Elle est relative aux violences basées sur le genre.

« La Loi de 2016 relative aux violences basées sur le genre a constitué une avancée majeure au Burundi, mais elle est encore en-deçà des meilleures pratiques régionales et internationales. Elle comporte plusieurs améliorations importantes, […], elle comprend aussi des dispositions contraires à certains droits humains, dont les droits au respect de la vie privée et au principe de non-discrimination, elle n’adopte pas une perspective centrée sur la victime et elle rend les victimes de violences liées au genre passibles de poursuites dans certains cas », a déclaré Sarah Jackson, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.

Incohérences…

D’après Amnesty International, le Burundi devrait corriger les incohérences entre la Loi en question et la révision de 2017 du Code pénal.

« C’est par exemple une incertitude sur les dispositions que les juges doivent appliquer. Elles risquent donc de remettre en cause certaines des dispositions progressistes de la loi de 2016 », peut-on lire dans le document sorti ce mercredi.

Lors de sa révision, le code pénal du Burundi a perdu la définition du viol introduite dans la Loi relative aux violences basées sur le genre[…], évoque Amnesty International.

L’Organisation demande l’abrogation de certaines dispositions qui portent atteinte au droit à la vie privée, à la vie familiale, à l’égalité et au principe de non-discrimination.

Moyens financiers et ressources humaines…

Outre les réformes juridiques nécessaires, les autorités burundaises doivent allouer des ressources suffisantes et mettre en place des formations adaptées pour garantir l’application efficace de la loi, et veiller à ce que les victimes de violences liées au genre bénéficient de tout le soutien et l’assistance dont elles ont besoin.

Amnesty International appelle également le Burundi à ratifier de toute urgence le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes, qu’il a signé il y a 20 ans.

Terrain

En moins de deux semaines, au moins cinq hommes ont été jugés pour viol au Burundi. Ils ont été condamnés pour la majorité , à cinq ans de prison ferme. En lançant la campagne d’activitisme contre les violences faîtes aux femmes et aux filles le 27 novembre dernier, la première Dame du Burundi Angeline Ndayishimiye a appelé les législateurs à « adopter une loi plus sévère contre les auteurs de violences basées sur le genre ». Elle les qualifie de « criminels ».

Elle est revenue notamment sur un drame qui s’est déroulé dans la zone de Buterere dans le nord de Bujumbura, la ville commerciale dans la nuit du 19 novembre dernier. Il concerne une fille de 5 ans qui a été violée par des inconnus avant d’être tuée.

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La Loi portant prévention, protection des victimes et répression des violences basées sur le genre a été adoptée par l’Assemblée nationale du Burundi en 2016, après l’examen d’amendements portés par le Sénat sur le projet de loi de 2015.

Elle a été promulguée le 22 septembre 2016.

Jeunes filles

Selon la Fédération nationale en charge de la protection des enfants FENADEB, les jeunes filles constituent la catégorie la plus menacée par les prédateurs. Entre janvier et octobre cette année, cette fédération dit avoir recensé plus de 280 cas de viols sexuels commis contre des jeunes élèves et écolières. Elle appelle tout un chacun « à faire sien le combat de lutte contre les violences liées au genre ».

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