Cibitoke : le cachot du commissariat provincial contient plus de 3 fois de sa capacité d’accueil de détenus
Le cachot du commissariat de police de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) renferme aujourd’hui plus de 120 détenus. Parmi eux, une quarantaine de personnes arrêtées pour des conflits fonciers. Certains sont poursuivis pour meurtre.Les défenseurs des droits de l’homme demandent que leurs dossiers soient confectionnés très rapidement afin de désengorger le cachot.(SOS Médias Burundi)
Au moins 122 détenus sont au cachot du commissariat provincial de police de Cibitoke.
43 sont poursuivis pour des affaires liées aux conflits fonciers, dont 11 et 8 détenus sont respectivement accusés de tentative de meurtre à l’endroit de leurs parents et de sorcellerie pour des motifs de litige foncier.
Selon une source administrative, 14 autres sont accusés d’avoir occupé illégalement des terres appartenant au domaine de l’Etat.
Une autre source administrative qui a témoigné sous couvert d’anonymat invoque par contre des prétextes non fondés pour exproprier de simples paysans arguant qu’ils sont établis sur des terrains relevant du domaine public.
« Il s’agit d’une expropriation pure et simple pour des terres très fertiles convoitées depuis longtemps par de hauts dignitaires proches du parti CNDD-FDD », insiste-t-elle.
Des défenseurs locaux des droits humains exigent des enquêtes très fouillées car la plupart des détenus sont incarcérés injustement pour des motifs non valables, estiment-ils.
D’après eux, des cas de violation de procédure sont légion et certains détenus passent plus de 4 mois dans le cachot provincial en dehors de toute procédure légale.
Ce qui est déplorable et suite aux dures conditions d’incarcération, la plupart des détenus présentent des maladies de sous alimentation et de malnutrition.
Selon ces mêmes sources, une fois tombés malades, ils ne sont pas soignés en urgence et des morts en masse pourraient survenir.
Contacté à ce propos, le procureur de la République à Cibitoke a fait savoir que certains détenus sont incarcérés pour des motifs liés aux conflits fonciers mais que d’autres sont poursuivis pour criminalité.
« Il faut laisser la justice faire son travail », a indiqué le procureur à SOS Médias Burundi.
De son côté, le gouverneur de Cibitoke, Carême Bizoza, précise tout de même que des cas de personnes détenues pour des causes liées à l’occupation illégale des terres appartenant au domaine public existent.
Signalons que le cachot provincial de Cibitoke est d’une capacité d’accueil de 40 détenus et construit sur 12 sur 6 mètres.
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Photo d’illustration : le chef-lieu de la province de Cibitoke au nord-ouest du Burundi
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