Goma : la cité de Mweso se vide de ses habitants après la mort d’une vingtaine de civils suite à une bombe

Goma : la cité de Mweso se vide de ses habitants après la mort d’une vingtaine de civils suite à une bombe

Après l’explosion d’une bombe dans la cité de Mweso, à une centaine de kilomètres de la ville de Goma, des habitants vident les lieux. Craignant pour leur sécurité, ces habitants quittent la cité suite à la poursuite des hostilités entre les rebelles du M23 et les Forces Armées de la République démocratique du Congo, FARDC, en coallition avec des groupes armés locaux.Ces affrontements mettent en danger la population qui dit perdre l’espoir d’un retour de la paix dans les villages. (SOS Médias Burundi)

La cité de Mweso de plus de 135 mille habitants se dépeuple à vue d’œil.

« Nous sommes très inquiets de la situation sécuritaire dans notre zone. Perdre une vingtaine de civils est un problème à ne pas négliger. C’est pourquoi nous sommes en fuite car nous pensons que peut-être d’autres bombes peuvent tomber sur nos habitations’’, explique Ambroise Dunia, cadre de la société civile en chefferie de Bashali.

Un autre habitant joint par SOS Médias Burundi affirme que plusieurs habitants se réfugient vers l’hôpital général de Mweso mais, selon lui, leur sécurité reste incertaine.

Il explique que suite à cette situation, le transport est chaotique.

« La population est en train de fuir. Maintenant, tous les habitants qui se sont réfugiés à l’hôpital et à la paroisse fuient. Ils ont peur et sont en train de se diriger en masse vers Kashuga. D’autres vers Nyanzale. Il y a ceux qui se dirigent vers Rugarama-Kashanja et même vers Kitschanga », témoigne-t-il, ajoutant que ce mouvement de masse a fait exploser le prix du transport.

« Une course à moto que payaient deux clients à 6 000 se négocie à plus de 30 000 francs congolais. De Mweso à Goma, on débourse 120 mille FC au lieu de 40 000 FC », précise cet habitant.

Des habitants participent à l’inhumation des victimes de Mweso, le 26 janvier 2024

D’autres sources sur place affirment que les hostilités se sont poursuivies vendredi et samedi.

« Les rebelles du M23 veulent entrer et prendre le contrôle de toute la cité de Mweso. Les FARDC et les miliciens locaux font une résistance pour essayer de protéger Mweso. Les affrontements se poursuivent maintenant en plein centre de Mweso. Une partie est occupée par les rebelles M23, une autre par les FARDC et les milices locales », affirme une source locale.

Enterrement des victimes du bombardement de Mweso

Plus d’une dizaine des corps de victimes du bombardement qui a secoué la cité de Mweso jeudi ont été enterrés par des cadres de base dont la société civile et les chefs locaux de la cité de Mweso.
Les corps enterrés sont ceux de 12 enfants mineurs et 5 femmes dont les noms ne sont pas encore connus.

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Une source au sein des milices locales entretenues par les autorités congolaises a confirmé que « des services de sécurité ont disposé de mesures strictes pour sécuriser les obsèques malgré une situation sécuritaire qui demeure très précaire dans cette partie de la province du Nord-Kivu ».

Un porte-parole du HCR a confié à SOS Médias Burundi que parmi ces victimes il y a plusieurs enfants qui avaient trouvé refuge dans une maison pour se mettre à l’abri des accrochages.

Il décrie le manque d’assistance pour les déplacés internes dans cette cité suite au bloquage de la route Sake-Mweso vers Kitschanga qui ne permet plus aux ONGs d’y accéder.

Vers le soir vendredi les affrontements ont été signalés également dans la localité de Muhanga au sud de Kitschanga.

Les rebelles ont tenté de récupérer les localités de Burungu, Kabalekasha et d’autres entités environnantes.

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Photo : des hommes enterrent une victime de Mweso dans un cimetière local, le 26 janvier 2024

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