Bujumbura : flambée de prix des denrées alimentaires
Des habitants de la capitale économique Bujumbura disent ne pas parvenir à joindre facilement les deux bouts du mois à cause de la flambée des prix des produits de première nécessité.Ils affirment que nourrir sa famille aujourd’hui est un véritable casse-tête. (SOS Médias Burundi)
De nombreux ménages témoignent qu’ils ne sont plus capables de nourrir convenablement leurs enfants.
« Quand on se rend au marché, on constate que les prix des denrées alimentaires changent constamment. On a peur que si la situation reste telle qu’elle est aujourd’hui, les gens vont sûrement mourir de faim », s’indigne une mère de famille qui rentrait du petit marché de son quartier.
Cette dernière explique qu’elle était juste allée vérifier que son domestique n’exagérait pas lorsqu’il a justifié l’argent dépensé le matin.
« Actuellement, on se nourrit très mal, le problème est qu’on ne peut pas expliquer cela à nos enfants qui ne peuvent pas comprendre ce changement. Par exemple, on ne prépare plus de sauce chez nous car cela coûte énormément cher. On la remplace par l’avocat qui accompagne le riz et le haricot. Avec 20.000 francs burundais par jour, on ne parvient même pas à nourrir quatre personnes », insiste-t-elle.
La variation des prix au marché diffère selon les produits, comme constaté sur les lieux par SOS Médias Burundi.
Celui du kilo de riz monte au moment où le kilo de haricot a tendance à baisser.
Le prix d’un kilo de riz produit localement a augmenté de 200 à 500 francs. Le riz importé de la Tanzanie entre 500 et 1000 francs. La variation s’étend sur une période d’un mois.
Paradoxalement, le prix du haricot, lui, baisse. Celui communément appelé « Jaune » a baissé entre 300 et 500, «Kinure » de même. Des commerçants affirment que le prix du haricot peut encore baisser dans les prochains jours.
Les tomates et les oignons coûtent chers actuellement, selon les témoignages des domestiques.
« Dernièrement, ma patronne ne m’a pas cru car en moins d’un mois, j’ai triplé la somme qu’on me donnait pour préparer une simple sauce faite de tomates nature et d’oignons », révèle un domestique.
Le prix du kilo de viande fixé à 13.000 francs peut aller à 16.000, voire même 18.000 francs au cours des jours de fêtes comme l’indiquent des consommateurs.
Interrogés à ce propos, un commerçant explique qu’il ne peut pas travailler à perte.
« Nous fixons les prix sur base du prix d’achat sur les marchés d’approvisionnement. Et nous nous conformons tout simplement à cela pour que nous ne travaillions pas à perte’’, dit-il.
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Photo d’illustration : un point de vente de denrées alimentaires dans la ville commerciale Bujumbura
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