Bujumbura : pénurie d’engrais FOMI, les agriculteurs de Bubanza crient à l’abandon
SOS Médias Burundi
Bubanza, 11 février 2026 – La distribution des fertilisants organo-minéraux de la FOMI (Fertilisants Organo-Minéraux Industriels), organisée ce mercredi en commune Bubanza, dans la province de Bujumbura à l’ouest de la petite nation de l’Afrique de l’Est, suscite de vives inquiétudes. Alors que plus de 3 000 sacs étaient attendus pour couvrir les arriérés des saisons culturales précédentes, seuls 1 200 ont été acheminés au stock de la zone, laissant de nombreux agriculteurs dans l’incertitude.
Selon plusieurs cultivateurs rencontrés sur place, la quantité reçue est largement inférieure aux engagements pris lors des paiements. « Ceux qui ont payé plus de cinq sacs n’en reçoivent qu’une partie, parfois à peine le tiers. Pour le reste, on nous demande d’attendre », déplore un agriculteur.
La situation est d’autant plus préoccupante pour les producteurs qui avaient déjà payé les engrais destinés à la saison culturale B. Beaucoup affirment être rentrés bredouilles, sans fertilisants ni même les vouchers censés attester leur droit de retrait. « Nous nous sommes fait recenser, nous avons payé, mais nous n’avons rien reçu. Cette saison risque de passer comme d’autres, sans engrais », confie un autre cultivateur, visiblement inquiet.
L’administration locale, associée à cette distribution de mercredi, reconnaît que les quantités livrées sont inférieures aux besoins exprimés. Elle indique que les agriculteurs non servis devront patienter jusqu’à un nouvel approvisionnement. Aucune date précise n’a toutefois été communiquée.

Un homme sort des sacs d’engrais chimiques d’un dépôt à Bubanza dans l’ouest du Burundi © SOS Médias Burundi
Les cultivateurs qui ont besoin d’engrais spécifiques comme l’urée ou la dolomie, toutes saisons confondues pour les arriérés, se disent particulièrement affectés par cette pénurie.
Parallèlement, la rareté des fertilisants alimente la spéculation sur le marché noir. Un sac de FOMI-IMBURA s’y vend actuellement à 100 000 francs burundais, soit environ 4 000 francs le kilogramme, un prix plus de trois fois supérieur au tarif officiel. L’urée atteint quant à elle 350 000 francs le sac, près de six fois le prix réglementé.
Face à cette situation, les agriculteurs demandent à la FOMI de rendre les engrais disponibles à temps afin de sauver la saison culturale en cours et d’éviter une baisse significative de la production agricole dans la région.
La situation de Bubanza n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs autres régions du Burundi, des agriculteurs rapportent également des retards de livraison, des quantités revues à la baisse et l’obligation d’attendre de nouveaux arrivages sans calendrier clair.
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Photo : Des policiers supervisent la distribution d’engrais chimiques sur un point de vente de fertilisants à Bubanza © SOS Médias Burundi
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