Rumonge : la pénurie du carburant affecte la pêche, la production de l’huile et la fabrication du pain

Rumonge : la pénurie du carburant affecte la pêche, la production de l’huile et la fabrication du pain

Depuis près de deux semaines, les pêcheurs en province de Rumonge (sud-ouest du Burundi) ont du mal à travailler. Ils affirment manquer le carburant qui est un élément essentiel pour mettre en marche les bateaux de pêche. Et à l’OHP (Office de l’huile de palme), on déplore que plus de 120 unités de production de l’huile de palme sont à l’arrêt.Les conséquences de la pénurie du carburant dans l’une des provinces qui fait entrer plus de taxes dans les caisses de l’État ne se limitent pas là seulement : le prix du pain a aussi été revu à la hausse. (SOS Médias Burundi)

D’après des pêcheurs qui se sont confiés à SOS Médias Burundi, l’activité de pêche est complètement paralysée.

« Ça fait près de deux semaines qu’on ne trouve pas de carburant. C’est la galère ici. Attendez-vous à un manque de poissons et de Ndagala (petits poissons du lacTanganyika) […] », se désolent-ils tout en précisant qu’un bateau de pêche a besoin d’au moins soixante litres de carburant par nuit.

Ils indiquent que même des pêcheurs qui tentent de s’approvisionner difficilement sur le marché noir sont sanctionnés par la police.

Conséquence, le prix d’un kilogramme de petits poissons séchés s’achète jusqu’à 45 mille francs burundais alors qu’il ne dépassait pas 20 mille avant la pénurie.

Production d’huile affectée

À l’OHP (Office de l’huile de palme), on regrette que plus de 120 unités modernes de production de l’huile de palme sont aux arrêts.Elles fonctionnent à base du carburant et avec la pénurie de cette matière, il est impossible de produire de l’huile.

« La perte est énorme »,soulignent des sources à la seule société étatique en charge de la culture de palmiers à huile.

Désemparés pour avoir contracté de crédits pour l’installation de leur unité, des propriétaires privés affirment « ne pas savoir comment nous allons gérer la situation ».

Entre-temps, le prix de l’huile a déjà connu une hausse. Un bidon de 5 litres qui s’achetait à 15 mille francs burundais il y a deux semaines, est passé à 18 mille.

Des habitants de Rumonge demandent au gouvernement de trouver des solutions en urgence.

Ce mercredi, une station sur les 9 que compte Rumonge a pu être approvisionnée.
Seulement, la demande était si grande que très peu de clients ont été servis, certains ayant été obligés de parcourir plusieurs kilomètres en provenance de la province voisine de Bururi (sud) pour « trouver cette denrée très rare au Burundi ces jours-ci ».

Le prix du pain monte, les consommateurs grognent

Depuis mercredi, le prix du pain a été revu à la hausse dans la ville de Rumonge.La situation inquiète les consommateurs. Les boulangers expliquent la hausse par le manque de produits de fabrication du pain dont la farine de blé.

Ce sont les boulangers locaux qui ont pris cette mesure d’augmenter le prix du pain. Selon nos sources, le pain qui se vendait à cinq cents francs s’achète à sept cents francs burundais, celui de mille francs burundais a connu une augmentation de deux cents francs aussi au moment où celui de deux mille est passé à deux mille cinq francs burundais.

Certains vendeurs ambulants et les propriétaires des cafétérias ont opté pour la suspension de la vente du pain ou des beignets. Ils disent qu’ils travailleraient à perte.

« Nous avons suspendu ce commerce en attendant la normalisation des prix. Sinon , nous travaillerions à perte », avouent -ils.

De leur côté, les boulangers expliquent qu’ils ont pris la mesure « à la suite du manque de farine de blé et d’autres ingrédients utilisés dans la fabrication du pain ».

« Il n’y a plus de farine de blé. L’huile de coton coûte trop cher. Un sceau de 10 litres s’achète à 66 mille alors qu’il ne dépassait pas 20 mille francs très récemment. Un bidon de 20 litres se vend à 130 mille. Le prix des œufs est passé de 300 à 500 francs, voire 600 francs burundais l’unité. On ne ne peut plus supporter les prix », commentent des boulangers rencontrés à Rumonge.

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Photo d´archives : des bateaux au port de pêche de Rumonge

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