Burundi : 400 milliards ont été détournés en 2021 selon l’Olucome

Burundi : 400 milliards ont été détournés en 2021 selon l’Olucome

Dans un point de presse, Gabriel Rufyiri président de l’observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, Olucome dit que l’observatoire a pu travailler sur 68 dossiers sur 147 enregistrés. Le constat a été que 400 milliards de francs burundais (environ 200 millions de dollars) qui devaient être dans les caisses de l’État sont dans les poches des individus. L’activiste l’a déclaré ce lundi dans la ville commerciale Bujumbura. (SOS Médias Burundi)

Dans son rapport d’activités de 2021, l’Olucome estime que les 400 milliards ont pu être détournés notamment lors des passations de marchés publics.

« Dans nos investigations, nous avons pu voir que plus de 400 milliards ont été détournés notamment dans la passation des marchés publics où dans certains cas les marchés sont négociés de gré à gré, au niveau des communes et dans les sociétés para -étatiques. Cela se fait au nez et à la barbe des responsables du gouvernement qui devraient arrêter ça », a déploré l’activiste.

M. Rufyiri interpelle le gouvernement à « agir avant qu’il ne soit trop tard ».

« C’est devenu un fléau malgré de bons discours des responsables du gouvernement. Il faut que les paroles soient accompagnées par les actes. Il ya des gens qui sont devenus intouchables », a estimé M. Rufyiri.

SOS Médias Burundi a contacté le porte-parole du ministère des Finances pour s’exprimer sur le rapport de l’Olucome. Il a assuré que le ministre en personne va s’exprimer sur ce dossier dans moins d’une semaine.

Selon l’indice de perception de la corruption (classement 2021) de Transparency International, le Burundi est classé parmi les huit pays les plus corrompus d’Afrique.

Depuis son accession au pouvoir en juin 2020, le président Évariste Ndayishimiye a promis de « faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille » et certains observateurs estiment qu’il essaie de « redresser la situation » même si ses détracteurs l’accusent de « ne se limiter qu’aux bons discours seulement dans le but de mener une propagande perpétuelle ».

Dans un rapport, les États-Unis ont récemment salué « des progrès significatifs dans le domaine de la bonne gouvernance » dans la petite nation de l’Afrique de l’est qui est montée sur la première marche du triste podium des pays les plus pauvres du monde, avec un produit intérieur brut par habitant de 267 dollars, d’après les estimations publiées par le FMI (Fonds Monétaire International) en octobre 2021.

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Photo : Gabriel Rufyiri, lors du point de presse de ce 4 mars 2022

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