Bujumbura : la pénurie du carburant paralyse toutes les activités de la capitale économique

Bujumbura : la pénurie du carburant paralyse toutes les activités de la capitale économique

La vie dans la ville commerciale Bujumbura tourne au ralenti depuis trois semaines d’affilée suite à la pénurie de carburant. Les activités génératrices de revenus tournent au ralenti. Les prix de produits de première nécessité
ont grimpé.
(SOS Médias Burundi)

Cette pénurie qui persiste a créé une psychose chez les habitants de la capitale économique. Chaque coin des rues principales, on remarque des files interminables de personnes qui partent à pied le matin au travail et rentrent le soir à pied également suite au manque de bus et taxis de transport.

« Il est quasiment impossible de trouver de bus de transport. Ils sont stationnés dans des stations-service dans l’attente de trouver le carburant, la plupart y ont passé plus d’une semaine. Ceux qui ont leur propre véhicule le laissent à la maison parce qu’ils n’ont pas de carburant. Les parkings qui desservent la ville sont vides. J’ai 55 ans et c’est la première fois que je vois un chaos pareil dans un Burundi qui n’est pas en guerre. Si la situation perdure, le pays va sombrer », estime Martin, un ingénieur civil.

Les citadins qui prennent le bus pour aller à l’intérieur du pays ont vu le prix du ticket de transport tripler.

« Bujumbura-Ngozi (nord), on demandait 9 mille francs burundais. Maintenant le prix du ticket de transport est monté jusqu’à 32 mille. Bujumbura-Kayanza (nord) , il est à 25 mille alors qu’avant il était fixé à sept mille francs. Même pour les bus qui vont au sud du pays, les prix sont presque les mêmes. Aller de Bujumbura vers Makamba il y a ceux qui payent jusqu’à 30 mille. On n’a pas le choix car on achète le carburant au marché noir à 8 mille francs burundais le littre alors que le prix officiel ne dépasse pas 3 mille », a expliqué Shabbani, l’un des responsables du parking des véhicules qui font le transport entre la ville commerciale et les provinces du nord-est du pays.

Cette pénurie de carburant a aussi occasionné une flambée de prix des produits de première nécessité, sémant la panique chez des habitants de Bujumbura.

« Le riz a grimpé à plus de mille francs le kilogramme. Les haricots ont connu une majoration de 500 francs le kilo, l’huile de palme a aussi augmenté de 900 francs le litre. Les farines de manioc et de maïs qui constituent le repas essentiel de plusieurs ménages ont augmenté de prix. Les fruits, on en parle plus ça coûte les yeux de la tête. Les commerçants nous disent que c’est à cause du manque de carburant », se lamente Gisèle, une enseignante de Musaga au sud de Bujumbura.

Interrogé à ce propos le porte-parole du gouvernement, Prosper Ntahorwamiye ne nie pas les difficultés liées à la carence du carburant. Il indique que la question est connue du haut sommet de l’État.

« Le président s’est exprimé sur ce dossier et a donné un délai d’un mois. Il faut attendre calmement, car le problème- carburant n’épargne personne », a estimé le porte-parole.

Sur les réseaux sociaux, un journaliste a ironisé disant que « dans un mois, même le président risque de marcher à pied ».

Dans un pays qui fait face à la pénurie du sucre et des boissons sans oublier d’engrais chimiques durant plusieurs mois et où l’abattage de vaches a repris ce mercredi après près de quatre mois d’interdiction suite à une fièvre bovine qui s’est déclarée dans la petite nation de l’Afrique de l’est, les internautes ne cessent d’ironiser.

« Les chefs de ménage font la queue à des stations-service à la recherche du carburant, les femmes font la queue à la recherche de la viande et les domestiques font la queue à la recherche du sucre », écrivent-ils.

Jusqu’à présent ,aucune stratégie n’est envisagée pour trouver une solution à la crise du carburant, le stock stratégique carburant étant vide, comme le reconnaît le ministre en charge de l’énergie.

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Photo : plusieurs taxis attendent d’être servis sur une station-service dans la ville commerciale Bujumbura

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