Kakuma (Kakuma) : plus de dix réfugiés burundais grièvement blessés
Ils ont été surpris dans la nuit de ce mardi par des personnes identifiées plus tard comme étant des réfugiés sud-soudanais. Ces derniers voulaient se venger contre leurs pairs originaires des Grands-Lacs d’Afrique, essentiellement des Congolais, Burundais et Rwandais qui avaient tué trois Sud-Soudanais la semaine dernière au cours des émeutes qui ont opposé les deux communautés. (SOS Médias Burundi)
Le camp de Kakuma situé au nord-ouest du Kenya est devenu le théâtre de violences inouïes ces derniers temps. Dans la nuit de ce mardi, vers 21h, heure locale, plusieurs sources font état d’une attaque dirigée contre une partie des occupants d’un centre d’accueil à Kalobeyei, un agrandissement du camp de Kakuma.
« Une dizaine de jeunes munis d’armes blanches, des machettes et des gourdins a fait irruption dans le centre et a ciblé la partie occupée par des Burundais et des Congolais. Alors, le groupe a voulu assassiner des gens mais Dieu merci, personne n’a encore succombé à ses blessures », indiquent des réfugiés.
L’attaque était apparemment minutieusement préparée.
« Ils ont très bien choisi le moment de l’attaque car certains d’entre nous étaient déjà au lit et puis ils ont ciblé des hommes. Entre 13 et 15 réfugiés ont été grièvement blessés dont neuf Burundais », ajoutent des réfugiés qui regrettent que les auteurs de cette attaque n’ont pas été interpellés alors que ce centre d’accueil est situé non loin d’une position policière. Cette dernière est intervenue tardivement, ne fut-ce pour transporter des blessés à l’hôpital des villages I et II, soulignent des sources sur place.
Au moins cinq Burundais sont dans un état critique et sont admis à l’hôpital de référence du camp, dénommé « clinic seven », situé dans Kakuma IV, bloc 2.
D’après les réfugiés, les Sud-Soudanais avaient juré de se venger alors que la semaine dernière trois membres de cette communauté ont été tués lors d’un accrochage sur un robinet d’eau potable.
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Au moins quatre incidents d’heurts meurtriers entre ces deux communautés se sont produits en moins de six mois.
La justice populaire gagne du terrain au camp de Kakuma car, font remarquer des réfugiés, la police et l’administration ne font rien pour punir les auteurs déjà identifiés ou pointés du doigt.
L’incident de ce mardi a fait peur à tous les occupants du centre d’accueil de Kalobeyei et tout le monde a fui vers le bloc administratif et policier. Ce mercredi, l’administration, la police et les agents du HCR ont fait une campagne de pacification à Kalobeyei et ont promis de s’investir pour assurer la sécurité des réfugiés.
Et d’ailleurs, le nombre de policiers a été renforcé par des éléments de l’armée pour faire la patrouille nocturne comme l’ont constaté des réfugiés qui exigent des mesures drastiques et contraignantes de sécurité, surtout arrêter et punir les auteurs de cette criminalité grandissante dans ce camp qui abrite plus 200.000 réfugiés dont plus de 25 mille Burundais.
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Photo d’illustration : un réfugié burundais blessé le vendredi 19 janvier 2024 au camp de Kakuma au Kenya
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