Rumonge : les coupures et délestages électriques paralysent les activités économiques

Rumonge : les coupures et délestages électriques paralysent les activités économiques

Des habitants, des commerçants et des institutions financières exerçant à Rumonge (sud-ouest du Burundi) disent enregistrer d’énormes pertes. C’est suite à l’instabilité de l’électricité dans la province.La Regideso, seule entreprise étatique en charge de la production de l’électricité éprouve des difficultés à fournir régulièrement l’électricité nécessaire et doit procéder à des délestages, en plus des fréquentes coupures. (SOS Médias Burundi)

Les plaintes viennent aussi bien des opérateurs économiques que des habitants.

« Il est impossible de travailler sans courant électrique dans nos salons de coiffure. Des fois on a l’électricité seulement deux heures de temps pour toute la journée. Comment peut-on alors travailler. C’est impossible! », se plaignent des coiffeurs au chef-lieu de province.

Même chose pour les exploitants de bars et restaurants. Ils indiquent que des clients sont déçus de ne pas trouver des boissons réfrigérées au moment où Rumonge est l’une des localités affichant des températures élevées.

« Des clients viennent et demandent une bière fraîche, en vain. On ne peut pas les satisfaire alors que c’était notre rôle. Et si on utilise des groupes électrogènes, le carburant est cher. Là on est obligé de revoir à la hausse le prix de nos produits, ce que l’autorité n’accepte pas. C’est une situation difficile », disent des responsables de bars, restaurants et hôtels.

Dans des institutions financières comme les banques et microfinances, on observe le même problème. Mais elles affirment n’avoir d’autre choix que d’acheter du carburant et travailler à perte.

« C’est moins logique qu’une banque ou une institution financière passe des heures à l’arrêt. On est obligé d’utiliser des groupes électrogènes. Mais c’est extrêmement coûteux car le carburant est cher à la pompe. Et s’il n’y en a pas, alors on l’achète au marché noir jusqu’à 20.000 francs le litre », s’indignent des responsables et salariés des institutions financières basées dans cette province du sud-ouest du Burundi.
Le prix officiel d’un litre d’essence est de 4000 francs.

Les services public et administratif qui n’ont pas de groupes électrogènes disent que des employés sont contraints d’aller en congés déguisés.

Et ceux qui vendent des produits périssables tel que le poisson, la viande et le lait déplorent qu’ils subissent de lourdes pertes.

La Regideso peine à produire l’électricité nécessaire et doit recourir au délestage pour privilégier les centres à fortes agglomérations.

Lors des questions orales devant le parlement, le ministre en charge de l’énergie a récemment reconnu le problème. Mais il a promis qu’il allait bientôt être résolu.

« Les centrales de Ruzibazi, Nyemanga et d’autres dont disposent le pays ne suffisent pas. Mais il y a des travaux sur de nouveaux barrages de Jiji-Murembwe et de Rusumo Force. Ils seront bientôt opérationnels, les choses iront mieux », a rassuré le ministre Ibrahim Uwizeye.

La petite nation de l’Afrique de l’est peine toujours à trouver une solution durable à la crise énergétique dans son ensemble malgré les promesses de ses dirigeants que leurs opposants accusent d’être « inconscients et égoïstes ».

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Photo d’illustration : un homme utilise un moulin dans la ville de Rumonge, mars 2023

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