Cibitoke : la chasse aux militants du CNL bat son plein
Les membres du parti de l’opposition CNL disent être persécutés. Quatre militants ont été arrêtés en moins d’un mois. Des responsables de ce parti pointent du doigt le Service national des renseignements (SNR) de Cibitoke dans les communes Rugombo, Mabayi et Buganda (nord-ouest du Burundi). Leur crime serait d’être dans le parti CNL pro-Rwasa.Le responsable provincial du SNR nie ces allégations. (SOS Médias Burundi)
À travers les six communes de cette province, les membres et sympathisants de la principale formation politique de l’opposition au Burundi se disent malmenés depuis le dernier congrès du parti CNL organisé par l’aile dissidente le 10 mars dernier à Ngozi et qui a destitué Agathon Rwasa à la tête de ce parti.
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Ils se disent terrorisés. Quatre d’entre eux ont déjà été interpellés par le service des renseignements en moins d’un mois.
Le dernier à être interpellé est le responsable des jeunes de ce parti sur la colline Rukana de la commune Rugombo. Il a été arrêté le mercredi 13 mars sous prétexte qu’il portait un T-shirt avec une effigie d’Agathon Rwasa.
La situation des militants de ce part est telle qu’aujourd’hui la plupart d’entre eux affirment ne plus dormir chez eux.
« Pour nous mettre à l’abri des tracasseries des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) , nous sommes contraints de quitter nos domiciles pour trouver refuge dans la brousse », regrette un militant de longue date de l’ancien Palipehutu FNL devenu actuellement CNL, établi dans la commune Mabayi.
Dans les commune Rugombo et Buganda, deux autres militants du CNL ont été arrêtés par des agents de la documentation au cours du mois de février.
« Nous craignons pour notre sécurité et certains indices montrent que celui qui a été interpellé à Mabayi ne serait plus en vie », témoigne un responsable provincial du parti , toujours dévoué au député Agathon Rwasa.
Un leader du parti CNL à Cibitole évoque « la recrudescence d’actes de violences suivis d’enlèvements à l’égard de nos militants depuis le « pseudo » congrès de Ngozi ».
Un autre responsable à Mugina signale « des menaces de mort qui sont régulièrement proférées intimant à nos membres et sympathisants à la fois de respecter et de suivre les ordres émanant des nouveaux organes issus de ce congrès illégal, car organisé sous la bénédiction du ministère de l’Intérieur ».
Le pouvoir veut diviser le parti pour l’empêcher de se présenter aux prochaines échéances électorales de 2025.
« Le CNDD-FDD dont le bilan est largement négatif a peur d’être battu et tente par tous les moyens de nous priver de nos droits de prendre part aux prochaines élections », renchérit-il.
Ces membres du CNL contactés demandent l’arrêt immédiat de ces actes d’intimidation à leur endroit, sinon, ils avertissent qu’ils seront contraints de recourir à la légitime défense.
Le responsable des ligues et associations affiliées au CNDD-FDD dans la nouvelle province de Bujumbura réfute toutes ces allégations et indique que le parti CNDD-FDD met en avant la cohabitation pacifique et la tolérance à l’égard d’autres militants des partis de l’opposition.
Contacté à propos des membres du parti CNL pro Rwasa qui sont arrêtés par les renseignements, le responsable du SNR à Cibitoke décline toute responsabilité.
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Photo d’archives : des militants du CNL dans un rassemblement de leur parti
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