Burundi-élection : appel à une implication effective de l’église catholique dans le processus électoral
Au moment où les Burundais se préparent pour les élections prévues en 2025, l’ancien président Sylvestre Ntibantunganya appelle l’église catholique à s’impliquer dans l’observation de ces élections. Il l’a dit à l’occasion de la commémoration de 52 ans après l’assassinat de l’abbé Michel Kayoya assassiné le 15 mai 1972. Cette commémoration a eu lieu à Gitega, la capitale politique vendredi dernier. (SOS Médias Burundi)
Sylvestre Ntibantunganya a prôné des élections libres, transparentes et démocratiques. Il a demandé à tous les acteurs impliqués dans la préparation de le faire avec dévouement.
« Nous souhaitons une organisation et une gestion des résultats qui garantissent la paix, notamment l’accès équitable des candidats aux médias publics », a-t-il appelé.
À cette même occasion, l’ancien chef de l’Etat a regretté que la nomination des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ait été émaillée de plusieurs manquements, surtout que jusqu’à présent certains acteurs politiques ne se sentent pas représentés dans le processus.
Pour lui, le pari ne sera gagné que grâce à l’implication de l’église catholique qui dispose d’un réseau national important à travers ses paroisses. L’ex-président a demandé avec insistance aux évêques de s’engager dans le processus parce qu’ils constituent » un observateur crédible » et jouissent d’une notoriété reconnue.
« Coordonnées par la commission justice et paix, les paroisses peuvent être des cadres dans lesquels convergent les observateurs catholiques ayant des appartenances ou des opinions politiques différentes mais qui partagent le souci comme chrétiens de garantir la stabilité politique », a-t-il martelé.
Monseigneur Bonaventure Nahimana, archevêque de Gitega, a quant à lui déploré qu’à la veille des élections au Burundi, l’on remarque souvent avec déception des tensions avec des effets négatifs, d’intolérance et de méfiance politiques qui sabotent le principe de respect des droits humains.
Monseigneur Nahimana à recommandé qu’il y ait des valeurs d’acceptation et promet d’entamer une dynamique de réconciliation. Il appelle les Burundais à combattre les discours de haine, la politique du ventre et le clientélisme.
Critiques à l’endroit de la CVR
L’archevêque de Gitega a critiqué la Commission vérité et réconciliation (CVR). Il a déploré que la commission se soit précipitée à l’exhumation des restes des victimes des massacres de 1972*, alors qu’elle ne dispose pas d’un site digne pour conservation de ces ossements et que cela aggrave le traumatisme pour les familles des victimes.
En réaction aux inquiétudes soulevées par Monseigneur Bonaventure Nahimana, Pierre Claver Ndayicariye, président de la CVR, a reconnu cette observation et promis entre autres d’ériger ‘’un monument d’une mémoire partagée’’.
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Photo : l’ancien président du Burundi Sylvestre Ntibantunganya
*Massacres de 1972 : les massacres qui ont emporté plus de Hutus que de Tutsis au Burundi
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