Gitega : cinq ans de prison encore requis pour Emilienne Sibomana

Gitega : cinq ans de prison encore requis pour Emilienne Sibomana

Dans un procès devant la Cour d’appel qui s’est déroulé ce jeudi à la prison centrale de Gitega, le ministère public a accusé Emilienne Sibomana, secrétaire au lycée Christ Roi de Mushasha dans la capitale politique, de dénonciation calomnieuse et a requis cinq ans de prison ferme. Elle avait porté à la connaissance du public des abus sur mineures commis par le directeur de ce lycée Léonard Ntakarutimana, un prêtre. (SOS Médias Burundi)

Absent à l’audience publique, l’abbé Léonard Ntakarutimana s’est fait représenté par maître Gertrude Nibigira qui a indiqué que les propos lancés par Emilienne Sibomana n’ont pas de preuves, fautes de victimes pour témoigner à charge.

Assistée par l’avocate Michella Niyonizigiye, Emilienne Sibomana a expliqué qu’elle s’était exprimée dans une réunion sur autorisation du ministre François Havyarimana en charge l’éducation. Elle a affirmé qu’elle ne pouvait passer sous silence des agissements du prêtre et directeur d’école qui abusait de son autorité en couchant avec ses élèves dans son bureau.

« L’abbé Léonard Ntakarutimana avait l’habitude de fréquenter le dortoir des filles où il les appâtait par des beignets et autres amuse-gueules. Il avait même autorisé à ces jeunes filles de se laver toute nue dans la cour », a prévenu Emilienne Sibomana.

Elle a insisté qu’elle a présenté ces faits au responsable du bureau diocésain de l’éducation à Gitega qui n’y a pas donné suite.

Emilienne Sibomana a dit ne pas comprendre comment l’abbé Léonard Ntakarutimana est resté au poste de directeur du lycée technique Christ Roi de Mushasha malgré ses révélations.

Dans le réquisitoire, le ministère public a demandé « la confirmation de la peine de 5 ans de prison ferme statuée par le siège du tribunal de grande instance de Gitega » tandis que la partie civile représentée par l’avocate Gertrude Nibigira a demandé « un dédommagement de cinq millions en faveur de l’abbé Ntakarutimana ».

Elienne Sibomana a signalé qu' »elle n’avait pas l’intention de nuire mais plutôt de sauver la vie des enfants et a demandé d’être libérée afin de regagner sa famille et son poste d’attache ».

LIRE AUSSI :

L’affaire a été mise en délibéré et le verdict sera prononcé d’ici un mois.

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Photo : une femme portant un enfant au dos passe devant la cour d’appel de Gitega devant laquelle l’affaire Émilienne Sibomana contre l’abbé Laurent Ntakarutimana a été portée, crédit photo : Jean Pierre Aimé Harerimana

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