Tanzanie : plus de 30 réfugiés refoulés et 2 femmes interpellées
Des réfugiés burundais, dont la plupart vivaient au camp de Nyarugusu en Tanzanie, ont été renvoyés au Burundi. Ils ont été refoulés parce qu’ils n’avaient pas de documents d’identification. Dans le camp de Nduta, ce sont deux femmes qui ont été appréhendées pour de supposés crimes de leurs époux. (SOS Médias Burundi)
Depuis le début de cette semaine, la police et l’administration du camp de Nyarugusu font des rafles pour arrêter des sans-papiers. Les zones 9 et 13 ont été particulièrement ciblées.
«Ils ont surpris ici plus de trente demandeurs d’asile burundais. Ils n’avaient pas encore eu de documents de réfugiés mais la faute est à la Tanzanie qui a traîné pendant plus d’une année», ont expliqué d’autres réfugiés.
Plusieurs qui sont restés au camp vivent en clandestinité pour le moment.
« Ils sont en grand nombre ici. Ils sont hébergés par certains de leurs compatriotes, certains ont pu construire des maisons ici. Ils sortent le matin pour aller chercher du travail à l’extérieur du camp car ils n’ont aucune assistance ici », indiquent des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.

Selon ces Burundais, après leur interpellation, ces réfugiés ont été acheminés vers la frontière burundaise à bord de camions du HCR.
« Ils n’ont rien emporté avec eux, certains ont même laissé leurs enfants ou des membres de familles ici. C’est dommage que leurs familles aient été disloquées. C’est aussi contre leur droit car s’il faut les refouler, il faut respecter leur dignité. Certains ont appelé leurs familles pour les informer qu’ils sont refoulés vers le Burundi en passant par le poste de frontière de Ruyigi (est du Burundi)», précisent-ils.
Arrestations à Nduta
Au camp de Nduta, ce sont deux femmes qui ont été arrêtées mardi.
« Elles ont été transportées par un véhicule de la police, et sont accusées de cacher leurs maris soupçonnés d’être dans des mouvements rebelles. Leur arrestation ressemble à un kidnapping », a-t-on appris. Elles vivaient au village 8, zone IV.
« Nous sommes inquiets qu’elles puissent subir le même sort que nos compatriotes de Nyarugusu car on a cherché dans tous les cachots, elles n’y sont pas. Nous sommes vraiment malheureux ici dans ce pays qui est sensé nous protéger. C’est inimaginable qu’elles paient pour de probables infractions commises par leurs maris ! », s’insurgent des réfugiés burundais qui regrettent les conditions de vie que doivent mener les enfants de ces deux femmes, restés au camp de Nduta.
A Nduta comme à Nyarugusu, deux camps de réfugiés burundais en Tanzanie, la moindre faute ou soupçon vaut aujourd’hui le rapatriement vers le Burundi, ce que dénoncent les plus de 110.000 réfugiés qui y vivent.
________________________________________________
Photo : l’entrée de la zone C du camp de Nduta © SOS Médias Burundi
You might also like
Nyarugusu (Tanzanie) : distribution d’une farine de mauvaise qualité
La ration du mois de janvier semble être inconsommable aux yeux des réfugiés burundais et congolais du camp de Nyarugusu en Tanzanie. Il s’agit des grains de maïs presqu’à moitié
Ruyigi : l’afflux massif de réfugiés à Busuma fait grimper les prix sur les marchés locaux
SOS Médias Burundi Ruyigi,1er janvier 2026 —La commune de Ruyigi, en province de Buhumuza à l’est du Burundi, fait face à une hausse généralisée des prix des produits de première
Kakuma (Kenya) : construction de nouveaux logements
Au moins 200 maisons sont en construction au camp de Kakuma (Nord-ouest du kenya). Elles sont destinées à accueillir de demandeurs d’asile qui viennent de bénéficier le statut de réfugiés.
