Rumonge : un conflit juridique entre des locataires et les propriétaires d’échoppes au marché central de province

Rumonge : un conflit juridique entre des locataires et les propriétaires d’échoppes au marché central de province

Alors que les marchés modernes sont tombés sous l’exploitation de l’OBR (Office burundais des recettes), un conflit d’ordre juridique a éclaté pour le cas du marché central de Rumonge (sud-ouest du Burundi).Et pour cause, selon la nouvelle norme, les noms des exploitants doivent figurer sur les contrats de l’OBR comme propriétaires, alors que ces derniers ont signé des contrats de bail avec ceux qui ont construit les échoppes.L’administration provinciale se trouve dans l’incapacité de trancher. (SOS Médias Burundi)

Avec la nouvelle gestion des marchés modernes, l’OBR a confectionné de nouveaux contrats avec les exploitants. Seulement voilà, à Rumonge, les choses se compliquent.

« À un certain moment, l’autorité provinciale a exigé des échoppes métalliques. Mais comme elle n’avait pas de fonds pour le faire, des commerçants et des particuliers ont accepté d’investir leur propre argent pour les dépenses y relatives. Certains ont alors loué les échoppes inscrites à leur nom à d’autres commerçants », expliquent des sources à Rumonge.

Ces sources précisent que tout allait bien entre les deux parties depuis plus de 5 ans et les exploitants respectaient les contrats qui les liaient avec les vrais propriétaires.

Mais avec l’arrivée de l’OBR dans l’affaire, les choses ont pris une autre tournure.

« L’exploitant se voit attribuer le droit de devenir propriétaire alors qu’il était locataire d’une autre personne qui, elle-même a eu ce pouvoir par consensus avec l’autorité », expliquent des commerçants installés au marché de l’une des provinces les plus riches du Burundi, sinon la plus nantie. Des commerçants et particuliers ayant dépensé leur argent pour construire les échoppes n’y vont pas par quatre chemins.

« Ou alors l’OBR accepte de signer le contrat avec nous, ou alors on n’accepte pas. Nous avons dépensé des montants colossaux pour avoir ces échoppes. Le minimum était de trois millions cinq cents mille francs burundais. Comment voulez-vous que nous soyons exclus? » réagissent certains commerçants qui ont fait louer des échoppes.

L’autorité communale reconnaît les doléances, mais il est jusque-là difficile de trancher.

« Nous avons donné une semaine aux exploitants et leurs bailleurs de trouver un accord. L’ordre de changer la gestion des marchés émane de l’autorité hiérarchique du pays », a expliqué Augustin Minani, administrateur communal de Rumonge après une réunion avec les deux camps.

Ces derniers l’accusent toutefois de fuir ses responsabilités. Ils demandent plus de temps pour trouver une solution qui satisfasse tout le monde.

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Photo d’illustration : des denrées alimentaires dans un marché moderne au Burundi © SOS Médias Burundi

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