Cibitoke : pour avoir légalisé le mariage d’un homme en tenue de karatéka, un administratif a été arrêté
Le conseiller en charge des affaires administrative et sociale de la commune Rugombo, en province Cibitoke (nord-ouest du Burundi) est incarcéré au cachot du commissariat provincial de police pour avoir célébré, en qualité d’officier d’état civil, un mariage dans une salle de réception, avec l’un des mariés habillé en … kimono – tenue de karatéka.Un magistrat évoque une arrestation abusive, le code civil étant muet sur ce cas. (SOS Médias Burundi)
Patrick Icoyitungiye s’est permis de présider les cérémonies de mariage dans un hôtel situé au chef-lieu de la province Cibitoke.
Malgré qu’il a les compétences de se substituer à l’administrateur communal en son absence comme officier d’état civil, il lui est reproché d’avoir pêché à la fois contre la culture burundaise et la loi.
L’acte de Patrick Icoyitungiye a irrité les habitants qui parlent de « manquement grave d’autant plus que le marié était en Kimono, tenue de karaté et faisait sortir chaque fois ses points comme s’il était en démonstration ».
Un professionnel du code civil burundais établi dans cette province du nord-ouest-Burundi indique qu' »un mariage célébré en dehors des bureaux de l’état civil n’a pas de force légale et nécessite d’être annulé ».
Un administratif a dit que des conseils avaient à maintes fois été formulés à son collègue pour ne pas célébrer ce mariage, en vain.
Le chef de bureau chargé des questions politiques et socio-culturellles au cabinet du président Évariste Ndayishimiye, Jean Claude Karerwa Ndenzako a aussi dénoncé l’acte sur les réseaux sociaux, évoquant une cérémonie qui dénigre les valeurs de la culture burundaise.
Mais de son coté , le concerné persiste et signe et nie avoir violé la loi en faisant savoir qu’aucune disposition du code des personnes et de la famille ne précise l’endroit où un mariage doit être célébré, de même que le type de tenue que les mariés doivent porter.
Le gouverneur de Cibitoke Carême Bizoza dit laisser la place à la justice de se saisir de ce cas en indiquant que « pour le respect de la culture et des normes de la société burundaise, ce mariage n’aurait pas dû avoir lieu, surtout que l’époux était en tenue de karaté ».
Néanmoins, un magistrat parle quant à lui d’arrestation abusive car le code civil ne dit rien sur ce cas et estime que le conseiller communal devrait être relâché sans condition.
Le mariage civil dont il est question a été célébré le 28 septembre dernier. L’arrestation du fonctionnaire est intervenue deux jours après.
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Photo : le mariage civil de François Bizimana, en tenue de karaté, le 28 septembre 2024 à Cibitoke, DR
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