Kayanza : plus de 199 hommes traumatisés par leurs épouses, selon une ONG locale
Alors que le monde a célébré, le 18 mars, la Journée mondiale de l’Homme, une organisation locale, Hommes en Détresse, tire la sonnette d’alarme sur les violences conjugales dont seraient victimes certains hommes dans la province de Kayanza au nord du Burundi. (INFO SOS Médias Burundi)
Selon cette ONG, plus de 199 hommes auraient été traumatisés par leurs épouses, et l’un d’eux serait décédé des suites d’une dépression.
Des violences conjugales passées sous silence
D’après Boniface Nduwimana, président de l’association, les principaux facteurs expliquant cette situation seraient les conflits fonciers et le concubinage, qui engendrent des tensions au sein des foyers. Il affirme que certaines femmes maltraiteraient psychologiquement et physiquement leurs époux, conduisant certains à des états de détresse profonde.
« Il y a des hommes qui subissent des humiliations, des violences verbales et même physiques de la part de leurs épouses. Certains en arrivent à sombrer dans la dépression, et nous avons enregistré des cas tragiques, dont un décès », déplore-t-il.
Un appel à la reconnaissance des droits des hommes
Face à cette situation préoccupante, l’ONG Hommes en Détresse appelle les autorités burundaises à instituer officiellement la Journée mondiale de l’Homme et à mettre en place une loi spécifique protégeant les droits des hommes dans le cadre familial.
Selon Boniface Nduwimana, cette reconnaissance pourrait contribuer à briser le tabou entourant les violences conjugales faites aux hommes et favoriser un équilibre au sein des familles.
« On ne peut pas parler de développement durable si les familles sont en crise. L’égalité des droits ne signifie pas uniquement protéger les femmes, mais aussi garantir la dignité des hommes victimes de violences domestiques », souligne-t-il.
Un débat de société nécessaire
Le sujet des violences conjugales envers les hommes reste largement méconnu et peu documenté. La majorité des politiques et campagnes de sensibilisation se concentrent sur les violences faites aux femmes, un problème majeur en soi. Cependant, des experts en droits humains estiment qu’il est essentiel d’aborder toutes les formes de violences domestiques pour bâtir une société plus juste et équilibrée.
L’appel lancé par Hommes en Détresse trouvera-t-il un écho auprès des autorités burundaises ? En attendant, l’association poursuit son travail d’accompagnement des victimes et de plaidoyer pour la reconnaissance des droits des hommes en détresse.
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Photo d’archives : un homme se dirige vers un bar de boissons non contrôlées fortement alcoolisées dans le nord du pays, l’une des causes principales des violences conjugales au Burundi, août 2023 © SOS Médias Burundi
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