Burunga : Blocage à Musongati, le CDP dénonce des entraves à la liberté politique

Burunga : Blocage à Musongati, le CDP dénonce des entraves à la liberté politique

SOS Médias Burundi

Des membres du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) ont été bloqués plusieurs heures à Musongati. Le président du parti parle d’intimidation orchestrée. Aucune réaction officielle n’a été enregistrée.

Une nouvelle tension politique secoue le sud-est du Burundi. En pleine campagne électorale, des membres du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) ont été immobilisés pendant plusieurs heures ce jeudi à Musongati, dans la province de Rutana. Le président du parti, Anicet Niyonkuru, dénonce une manœuvre d’intimidation orchestrée, selon lui, par les autorités locales.

Le convoi du CDP, en route vers Mpinga-Kayove pour une activité de campagne, a été stoppé par un collecteur des taxes communales. Le véhicule, aux couleurs du parti et équipé de hauts-parleurs diffusant des chants militants, a été intercepté au motif de « non-respect des procédures administratives ».

Contacté par SOS Médias Burundi, Anicet Niyonkuru affirme que l’ordre de blocage est venu de l’administrateur communal, sous prétexte d’absence d’autorisation formelle. Le véhicule est resté bloqué plus de trois heures, coincé entre deux barrières métalliques. À bord se trouvait notamment le député Gaston Sindimwo, ancien premier vice-président de la République.

« Il s’agit d’une violation flagrante de la liberté de réunion et d’expression, pourtant garanties par la Constitution », a réagi Niyonkuru. « Nos militants sont régulièrement victimes d’intimidation sur le terrain. C’est un abus de pouvoir visant à étouffer l’opposition. »

Le CDP fait également état d’un autre incident survenu la veille à Tangara, dans la province de Butanyerera (nord). Un responsable local du parti aurait été dépossédé de son matériel de campagne — cartes de membre comprises — par un agent communal proche du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, selon plusieurs témoignages recueillis.

Ces événements s’inscrivent dans un climat de campagne tendu à l’approche des élections législatives et communales prévues le 5 juin prochain. Plusieurs formations d’opposition ont déjà signalé des cas de harcèlement : confiscation ou destruction d’affiches, interdictions de rassemblements ou de meetings dans plusieurs communes, notamment à Ngozi, Kirundo, Bururi, Gitega et Bujumbura.

Certains candidats affirment devoir faire campagne dans la discrétion, craignant les représailles des Imbonerakure, la ligue des jeunes du CNDD-FDD, régulièrement accusée d’intimidation politique.

« Nous interpellons la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et toutes les institutions concernées afin qu’elles garantissent des conditions équitables pour tous les candidats. À défaut, c’est la crédibilité même du processus électoral qui sera compromise », a averti Anicet Niyonkuru.

Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités communales ou nationales, a constaté SOS Médias Burundi.

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Photo : Un rassemblement des responsables du parti CDP dans la capitale politique Gitega, crédit photo © Le parti CDP

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