Élections législatives et communales : les couleurs du pouvoir s’imposent aux commerçants

Élections législatives et communales : les couleurs du pouvoir s’imposent aux commerçants

SOS Médias Burundi

À l’approche des élections, des citoyens burundais – commerçants comme fonctionnaires – affirment subir des pressions pour afficher leur soutien au parti au pouvoir, parfois contre leur volonté. Même au sein du CNDD-FDD, certains dénoncent des obligations jugées excessives.

À l’approche des élections législatives et communales, les symboles du CNDD-FDD, parti au pouvoir au Burundi, se déploient massivement dans l’espace public. Derrière les drapeaux aux teintes rouge, vert, blanc et noir frappés d’un aigle, la réalité est parfois bien moins volontaire qu’il n’y paraît : pour certains citoyens, y compris des membres du parti, ces signes d’allégeance sont imposés.

Dans une commune en périphérie de Bujumbura, capitale économique du pays, un commerçant raconte, sous couvert d’anonymat, avoir été sommé d’installer le drapeau du parti devant sa boutique. Pourtant, précise-t-il, il est lui-même membre du CNDD-FDD. « On m’a dit que, comme membre, c’était une obligation. Mais j’ai répondu que je suis commerçant, que je reçois des clients de tous les partis, pas seulement ceux du CNDD-FDD », explique-t-il. Pour éviter les tensions, il a préféré financer l’achat de tricots aux couleurs du parti à destination des militants.

Selon lui, les périodes électorales sont particulièrement éprouvantes pour les membres du parti. Aux cotisations habituelles s’ajoutent la participation aux réunions, les contributions exceptionnelles et l’affichage public d’un soutien sans équivoque, notamment par le port ou l’exposition des couleurs partisanes.

Ce commerçant n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs localités de la province de Bujumbura, d’autres commerçants et fonctionnaires font état, sous anonymat, de pressions similaires. Certains témoignent avoir été sollicités malgré leur non-appartenance au CNDD-FDD. « Je ne fais pas partie du parti, mais j’ai contribué quand même. Je veux garder mon emploi », confie un fonctionnaire local.

Ces témoignages dressent le tableau d’un climat électoral tendu, où la loyauté au parti au pouvoir ne semble pas toujours relever du choix personnel. La crainte de représailles pousse nombre de citoyens à se conformer, quitte à taire leurs opinions ou à apporter un soutien de façade, plus dicté par la peur que par l’adhésion réelle.

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Photo : Un agent de la PNB ( Police nationale du Burundi) procède à la vérification des récépissés avant de laisser les gens accéder au marché de Bubanza, le 27 octobre 2024 © SOS Médias Burundi

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