Aloys Baricako (RANAC) accuse les généraux de détourner l’État et promet une refondation nationale

Aloys Baricako (RANAC) accuse les généraux de détourner l’État et promet une refondation nationale

SOS Médias Burundi

Gitega, 2 juin 2025 —À Gitega, Aloys Baricako sort de sa réserve. Le président du RANAC accuse ouvertement certains généraux et hauts responsables de détourner les ressources publiques et d’étouffer les institutions au profit d’intérêts privés. Il propose une refondation nationale, fondée sur la rigueur, la justice sociale et une réforme profonde de l’éducation, de la santé et de l’agriculture. À quelques jours des élections du 5 juin, son discours se veut une alternative au pouvoir en place.

Lors d’un meeting tenu ce dimanche à Gitega, capitale politique du pays, Aloys Baricako, président du parti Rassemblement National pour le Changement (RANAC), a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle. Il accuse une élite politico-militaire de détourner les institutions de l’État à leur profit, au détriment de la population burundaise en proie à une crise sociale et économique persistante.

« Un général peut entrer à la Banque de la République du Burundi et obtenir sans difficulté 300.000 dollars pour importer des médicaments. Mais seuls 100.000 dollars sont réellement utilisés, tandis que les 200.000 restants alimentent le marché noir », a-t-il dénoncé.

Selon lui, certains hauts responsables engrangent des bénéfices illicites estimés à plus de deux milliards de francs burundais, s’achetant des parcelles dans les quartiers huppés de Bujumbura – la ville commerciale où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale comme Rohero. Il déplore également l’importation massive de boissons alcoolisées par des ministres et directeurs généraux, alors que le pays peine à obtenir des devises pour le carburant. « Nous vivons une époque semblable à celle du Zaïre de Mobutu », a-t-il ironisé.

Rigueur, justice sociale et réforme des institutions

Aloys Baricako ne s’est pas contenté de dénoncer. Il a esquissé une série de réformes radicales pour redresser le pays. Il propose notamment le rétablissement de la peine de mort pour les crimes graves : détournement de plus de 10 milliards de francs, viols en flagrant délit ou encore meurtres. Il promet également des sanctions fermes contre les membres du gouvernement jugés incompétents.

Le président du RANAC a fustigé la situation dramatique des secteurs sociaux de base. Il évoque un système éducatif à bout de souffle : classes surchargées, absence de laboratoires, faible niveau des lauréats du secondaire.

« Un lauréat du secondaire est incapable de parler cinq minutes de français sans fautes, ni trente secondes d’anglais », a-t-il souligné.

Des militants du parti Rassemblement National pour le Changement (RANAC) lors d’un meeting à Gitega, capitale politique du Burundi, le 1er juin 2025 © SOS Médias Burundi

Sur le plan de la santé, il propose de redéployer tous les médecins dans les hôpitaux, et de confier la gestion des structures sanitaires à des experts en santé publique et en gestion hospitalière.

Une vision centrée sur l’agriculture et l’éducation

Côté développement, Aloys Baricako mise sur l’intensification agricole avec mécanisation et irrigation à grande échelle. Il promet que « chaque ménage aura au moins une vache d’ici cinq ans ». En parallèle, il s’oppose à l’usage des fertilisants organo-minéraux, qu’il associe à l’augmentation des cas de cancer.

En matière éducative, il plaide pour un retour à l’ancien système scolaire burundais, avec des classes limitées à 50 élèves et un recrutement accru d’enseignants qualifiés.

Avec ce discours musclé, Aloys Baricako entend s’ériger en alternative face au régime en place, promettant une gouvernance fondée sur la rigueur, la justice sociale et la compétence. Reste à voir si ce message saura mobiliser les électeurs à l’approche des prochaines échéances électorales du 5 juin prochain.

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Photo : Aloys Baricako, président du parti Rassemblement National pour le Changement (RANAC), lors d’un meeting à Gitega, capitale politique du Burundi, le 1er juin 2025 © SOS Médias Burundi

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