Bujumbura : collecte des résultats chaotique, l’opposition exige la reprise du scrutin
SOS Médias Burundi
À la suite des élections législatives et communales du 5 juin, la collecte des résultats dans la province de Bujumbura est entachée par de nombreuses irrégularités. Des pratiques douteuses et des anomalies massives dans plusieurs communes alimentent une vive contestation, certains acteurs politiques allant jusqu’à réclamer l’annulation du scrutin et l’organisation de nouvelles élections.
Trois jours après les élections législatives et communales du 5 juin, la nouvelle province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi, est secouée par de graves irrégularités lors de la collecte des résultats. Plusieurs communes font l’objet d’accusations de fraude électorale, alimentées par des témoignages d’agents électoraux et de responsables locaux.
Dans les communes de Mabayi, Bukinanyana, Gihanga, Musigati, Mpanda, Mutimbuzi et Kabezi, des sources concordantes rapportent que, dans certains cas, le nombre de votants aurait dépassé celui des électeurs inscrits. Une situation jugée préoccupante par plusieurs observateurs du processus électoral.
« Nous avons constaté que des bulletins continuaient d’être introduits dans les urnes, souvent au nom de personnes inconnues », a révélé un superviseur électoral sous couvert d’anonymat.
D’autres témoignages font état d’agents électoraux aperçus avec des carnets de bulletins de vote qu’ils auraient glissés dans les urnes, en dehors de toute procédure légale.
À Musigati, le président de la commission communale a reconnu publiquement que les chiffres collectés ne reflétaient pas la réalité du terrain. Face à l’ampleur des anomalies, il aurait catégoriquement refusé de transmettre les résultats au niveau provincial.
« Cette situation est intolérable. Elle jette le discrédit sur tout le processus électoral », a-t-il déclaré.
En réaction, la commission électorale provinciale de Bujumbura a décidé de rejeter les résultats issus des communes concernées, exigeant leur révision dans un délai de deux jours, soit jusqu’au lundi 9 juin.
« Nous n’avons pas été dupés. Il faut que le travail soit refait correctement », a insisté un membre de la commission provinciale.
Ces dysfonctionnements ont provoqué une vive indignation. Plusieurs figures de l’opposition, mais aussi certains membres du parti au pouvoir, dénoncent ce qu’ils qualifient de « fraude électorale d’une ampleur inédite au Burundi ». Ils réclament l’annulation pure et simple du scrutin dans les zones concernées et l’organisation de nouvelles élections dans les plus brefs délais.
Interrogé à ce sujet, le président de la commission électorale nationale pour la province de Bujumbura a tenté de tempérer les inquiétudes, affirmant que le processus de collecte des résultats était toujours en cours.
« Nous devons attendre la fin du processus pour annoncer les résultats provisoires », a-t-il précisé.
En attendant, le climat politique reste lourd à Bujumbura. La population, de plus en plus inquiète, exprime sa frustration face à une situation jugée confuse et opaque. Tous les regards sont désormais tournés vers la Commission électorale nationale, seule habilitée à arbitrer cette crise électorale qui prend des allures de scandale.
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Photo : Une femme reçoit l’encre sur le doigt, signe qu’elle a voté lors des législatives et communales du 5 juin 2025 © SOS Médias Burundi
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