RDC : plus de 3 millions de déplacés retournés, mais sans aucune assistance, alerte OCHA
SOS Médias Burundi
Goma, 11 août 2025- Selon le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), plus de trois millions de personnes déplacées internes sont rentrées dans leurs villages depuis janvier 2025 en République démocratique du Congo (RDC). Ce mouvement de retour, observé principalement dans les provinces de l’est du pays, contraste toutefois avec la persistance d’une situation humanitaire critique.
OCHA explique que ces retours s’expliquent en grande partie par une relative accalmie des violences dans certaines zones. Au Nord-Kivu, près de deux millions de déplacés ont pu rentrer, même si un million d’autres restent dans les camps à l’intérieur du pays. Au Sud-Kivu, plus de 600 000 personnes ont retrouvé leurs villages, contre 1,5 million qui vivent encore en exil interne.
Le rapport souligne également que dans certaines zones, comme à Goma (chef-lieu provincial) et à Nyiragongo, dans le Nord-Kivu, les retours ont été contraints à la suite du démantèlement des sites de déplacés. Au Sud-Kivu, ils concernent principalement les populations originaires d’Idjwi, de Minova et de Kalehe. Les zones où ces retours s’observent sont désormais sous le contrôle du M23, un mouvement rebelle affilié à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), formation politico-militaire hostile à Kinshasa.
Malgré ces retours, OCHA rappelle que 8,3 millions de personnes déplacées internes ont encore besoin d’assistance humanitaire en RDC. Nombre d’entre elles ont fui vers les provinces voisines d’Ituri, de Tanganyika et de Maniema, en raison de la poursuite des violences, notamment dans les territoires de Masisi et d’Uvira, respectivement situés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Par ailleurs, la reprise des combats entre l’armée congolaise et l’AFC-M23 dans l’est du pays risque d’aggraver une crise déjà critique. Les agences humanitaires tirent la sonnette d’alarme face à un financement jugé largement insuffisant pour répondre à l’ampleur des besoins.
En visite en RDC au mois de juin, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, a dénoncé la détérioration de la situation sur le terrain. Il affirme avoir été témoin du calvaire des populations, confrontées à la fois aux épidémies et aux violences, notamment sexuelles, subies par les femmes dans les zones de conflit.
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Photo : Un groupe de femmes dans le camp de déplacés de Baraka à Goma. Au moins trois millions de déplacés ont regagné leur domicile dans les zones contrôlées par les rebelles du M23. © SOS Médias Burundi
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