Rumonge : la colère des veilleurs paralyse le marché, un accord met fin à la crise
SOS Médias Burundi
Rumonge, 2 septembre 2025- Ce lundi 1er novembre, le marché central de Rumonge, au sud du Burundi, a connu une paralysie totale pendant plusieurs heures à la suite d’un mouvement de grève des veilleurs chargés de la sécurité. Très tôt dans la matinée, ces derniers ont fermé toutes les entrées du marché à l’aide de cadenas, empêchant les commerçants d’accéder à leurs étals. Une action coup de poing qui visait à dénoncer deux mois et demi de salaires impayés, des conditions de rémunération jugées injustes, et un flou persistant autour de leur mode de paiement.
Selon les protestataires, certains veilleurs perçoivent des salaires plus élevés que d’autres alors qu’ils effectuent les mêmes tâches. Une inégalité de traitement devenue insupportable, selon eux. « Nous travaillons tous de la même manière, mais certains sont mieux payés que d’autres. Cela crée une injustice que nous ne pouvons plus tolérer », a déclaré l’un d’entre eux. À cette frustration s’ajoute une rémunération jugée très insuffisante au regard des responsabilités assumées, notamment la surveillance de nuit, la gestion des mouvements dans le marché, et la prévention des vols.
Les grévistes ont aussi exigé d’être payés directement par leurs véritables employeurs, à savoir les commerçants, plutôt que par l’administration communale. Ce mode de paiement indirect est perçu comme la source des retards et des irrégularités constatés. Du côté du comité de gestion du marché, la position est claire : les veilleurs étant des agents privés, c’est aux commerçants de s’organiser pour assurer leur rémunération, et non à la commune de collecter les fonds à cet effet. Une pratique jugée floue et illégale par plusieurs membres du comité.
Face à la paralysie du marché et aux tensions croissantes, l’administration communale a convoqué une réunion d’urgence dans la matinée. Après plusieurs heures de négociations avec les veilleurs et le comité de gestion, un compromis a finalement été trouvé. Les autorités ont reconnu la légitimité des revendications et se sont engagées à régulariser les salaires impayés. Il a également été décidé que, désormais, les gardiens seront payés directement par le comité de gestion du marché, sur la base des contributions des commerçants, afin d’éviter toute confusion ou retard futur.
Une fois l’accord conclu, les veilleurs ont rouvert les portes du marché vers 10 heures, mettant fin à quatre heures de blocage. Les activités commerciales ont aussitôt repris, bien que plusieurs commerçants, notamment ceux spécialisés dans la vente de produits périssables comme le poisson frais, aient exprimé leur colère face aux pertes subies. Certains appellent à l’instauration d’un dialogue permanent entre les différents acteurs du marché pour prévenir de tels incidents à l’avenir.
La nouvelle équipe communale, récemment installée, a promis de suivre de près l’application de l’accord et de mettre en place un cadre plus clair pour la gestion des prestataires de services dans les infrastructures publiques. Cette crise, bien que résolue, met en lumière les fragilités de la gouvernance locale et la nécessité urgente d’un système transparent, équitable et durable pour la rémunération des agents de sécurité dans les marchés communaux.
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Photo : Des commerçants et usagers du marché central de Rumonge bloqués à l’extérieur du site, le 1er septembre 2025, suite à la grève des veilleurs réclamant le paiement de leurs arriérés de salaire. © SOS Médias Burundi
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