Nakivale (Ouganda) : au moins quatre motards tués en un mois, inquiétudes dans le camp de réfugiés
SOS Médias Burundi
Nakivale, 3 septembre 2025- Le camp de réfugiés de Nakivale, situé dans le district d’Isingiro, au sud-ouest de l’Ouganda, est secoué par une série de meurtres visant les conducteurs de motos. Au moins quatre motards ont été tués au cours du mois d’août, dont trois réfugiés burundais, selon l’association locale des transporteurs à moto.
Ces actes de violence soulèvent une vive inquiétude parmi les résidents du camp, qui dénoncent l’insécurité croissante, en particulier autour du transport à moto, l’une des rares sources de revenus pour de nombreux réfugiés.
Des meurtres d’une extrême brutalité
Selon les témoignages recueillis, plus de dix agressions contre des motards ont été recensées en un mois seulement. Cinq motos ont également été volées par des individus non identifiés. Le dernier meurtre a particulièrement bouleversé la communauté, en raison de sa cruauté :
« Le dernier cas survenu la semaine dernière est alarmant ! Imaginez que le conducteur a été décapité de sa tête et de ses appareils génitaux. Nous l’avons enterré ainsi », déclare un leader local.
« Ses collègues avaient refusé de l’enterrer avant de retrouver les parties de son corps. »
Une enquête ouverte, plusieurs suspects arrêtés
La police ougandaise a lancé une enquête qui a permis l’arrestation de trois suspects à Kampala, la capitale du pays. Selon les premières informations, les suspects seraient en lien avec certains réfugiés, mais les autorités n’ont pas encore communiqué tous les détails.
Par ailleurs, plus de vingt motos et des plaques d’immatriculation suspectes ont été saisies le week-end dernier dans le district d’Isingiro. Deux autres individus ont été interpellés lors de cette opération. Certaines des motos récupérées appartenaient à des réfugiés victimes d’agressions récentes.
Une insécurité persistante en dehors du camp
Les attaques ont lieu principalement en soirée et en dehors du camp, dans des zones peu surveillées. Certains conducteurs pointent du doigt de jeunes membres de la population locale, mais ces accusations restent à confirmer par l’enquête officielle.
Face à cette vague de violence, l’association des motards réclame des sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs, et appelle les autorités à renforcer les patrouilles de sécurité autour du camp.
Des consignes de vigilance renforcées
En attendant des mesures concrètes, les responsables communautaires appellent les motards à :
éviter les déplacements nocturnes,
travailler en groupe lorsque c’est possible,
et signaler tout comportement suspect à la police ou aux autorités locales du camp.
Le camp de Nakivale accueille actuellement plus de 150 000 réfugiés, dont environ 33 000 Burundais. Ces meurtres répétés plongent la communauté dans la peur et le deuil, et soulignent une nouvelle fois les défis sécuritaires auxquels font face les réfugiés, déjà vulnérables.
________________________________________________
Photo : Des motards lavant leurs engins près d’une rivière, non loin du camp de réfugiés de Nakivale, dans le sud-ouest de l’Ouganda. Ces dernières semaines, les meurtres visant des conducteurs de motos se sont multipliés dans et autour du camp. © SOS Médias Burundi
You might also like
Meheba (Zambie) : un réfugié rwandais interpellé pour escroquerie
La police zambienne a arrêté un réfugié rwandais au camp de Meheba pour s’être arrogé le droit d’exiger de l’argent pour faire une liste d’une probable assistance aux démunis. (SOS
Kenya : 90 réfugiés dont des Burundais accueillis à Kakuma
Les concernés ont d’abord transité par Gitare, un centre qui accueille des demandeurs d’asile sur le sol kényan avant d’être transférés vers le camp de réfugiés de Kakuma au nord-ouest.
Camps de réfugiés : Quand l’école devient un défi au quotidien
SOS Médias Burundi Cankuzo, 17 septembre 2025 — Le lundi 15 septembre, les élèves réfugiés vivant dans les camps du Burundi ont entamé l’année scolaire 2025-2026. Une rentrée marquée par
