Photo de la semaine-Buhumuza : uniformes stricts et “champs forcés”, la gouverneure sous pression
SOS Médias Burundi
Depuis son arrivée, la gouverneure de Buhumuza, à l’est du Burundi, Mme Denise Ndaruhekere, fait face à une contestation grandissante. Ses décisions, jugées « hâtives » et « non concertées », provoquent frustration et inquiétude parmi la population.
Le 21 août, elle a imposé de nouvelles règles vestimentaires pour tous les élèves : chaussures fermées couvrant les orteils, chaussettes blanches, pantalons et jupes bleus, chemises blanches, y compris dans les internats.
« Beaucoup de familles n’ont même pas les moyens d’acheter des chaussures fermées, cette décision est irréaliste », déplore un parent à Cendajuru.
« Nos enfants vont à l’école avec des sandales ou pieds nus, comment voulons-nous qu’ils se conforment à cette règle ? », ajoute un enseignant d’une école secondaire de Gisuru.
Le 20 septembre, elle a annoncé que les jeunes désœuvrés seraient « attrapés, embarqués dans des camions et envoyés travailler dans des champs publics communaux, notamment pour aider les plus démunis ».
« On dirait que notre liberté n’a plus de valeur », s’inquiète un jeune de Gisuru.
« C’est comme si on nous transformait en main-d’œuvre forcée, cela ne peut pas marcher », renchérit un autre habitant.
Même des responsables locaux soulignent les limites pratiques :
« Quels intrants agricoles seront fournis ? Qui supervisera ces champs ? », s’interroge un chef de zone.
« Ces mesures ne tiennent pas compte des réalités du terrain. Il faut réfléchir avant d’imposer », insiste un notable local.
Notables, enseignants et membres de la société civile dénoncent l’absence de dialogue :
« Imposer des règles sans consultation risque de fracturer la communauté. Le dialogue doit primer pour restaurer la confiance », avertit un représentant associatif.
« La gouvernance doit s’appuyer sur le consensus et non sur la peur », ajoute un enseignant.
Pour l’heure, Mme Ndaruhekere n’a pas répondu aux critiques. La population espère qu’elle reviendra sur certaines mesures et ouvrira des canaux de dialogue inclusifs pour restaurer la confiance et assurer une gouvernance plus équitable.
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Notre photo : la gouverneure de Buhumuza, Mme Denise Ndaruhekere, annonçant que les jeunes désœuvrés seraient désormais attrapés et envoyés cultiver de force dans les camps communaux. Ici, elle venait de participer à des travaux communautaires dans la localité de Gacokwe, en commune de Gisuru. © SOS Médias Burundi
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