Buhumuza – Scandale : Disparition d’un enfant mort-né à l’hôpital de Ruyigi
SOS Médias Burundi
Ruyigi, 1er octobre 2025- Dans la nuit du 21 septembre, un couple perd son premier enfant, né sans vie à la maternité de l’hôpital de district de Ruyigi, dans la province de Buhumuza à l’est du Burundi. Mais le drame prend une tournure inquiétante : la dépouille disparaît mystérieusement. Entre douleur et incompréhension, la famille réclame des réponses.
Selon l’infirmière de garde, F. H., le bébé est né sans vie vers 2 heures du matin. Faute de morgue fonctionnelle – les chambres froides étant « sales et hors service » – le corps aurait été enveloppé dans un drap et laissé dans la salle d’attente.
« On nous a dit d’attendre pour récupérer le corps, mais quelques heures plus tard, il n’était plus là », raconte N. C., la mère, en larmes.
La police tenue à l’écart
Alertée immédiatement, la police aurait été empêchée d’intervenir par le directeur de l’hôpital, Dr Rénovat Ndayizeye, qui aurait interdit toute fouille des locaux. La population de Ruyigi s’interroge : simple négligence ou dissimulation ?
Témoignages accablants
Des agents de santé dénoncent, sous anonymat, « des pratiques opaques » et rappellent des cas similaires passés sous silence. Certains évoquent le comportement des nouvelles recrues, accusées de faible éthique et de favoritisme politique :
« Beaucoup se vantent d’occuper leur poste grâce au CNDD-FDD et se considèrent intouchables », confie un employé.
La maternité de Ruyigi n’en est pas à son premier scandale. En 2023, des cas de négligence avaient été rapportés, où des bébés étaient nés à même le sol.
Droits des parents bafoués
La loi burundaise prévoit la restitution des dépouilles, y compris celles des enfants mort-nés, afin de permettre une sépulture digne.
« Empêcher un enterrement, c’est priver des parents de droits fondamentaux », souligne un juriste.
Pour les parents, la priorité est claire :
« Nous voulons simplement enterrer notre enfant et faire notre deuil », disent-ils.
Rappel : incident à Karusi
Il y a quelques jours, dans la province voisine de Gitega, à l’hôpital « Twese Turashoboye » de Karusi, une erreur d’identification dans la morgue avait conduit à la remise d’un corps à la mauvaise famille. Deux femmes portant le même prénom avaient été confondues, obligeant les proches à entamer des démarches d’exhumation pour récupérer le corps réel. Cet incident souligne les défaillances dans la gestion des morgues en province et la nécessité de renforcer les procédures.
Une question qui reste ouverte
L’opinion publique se demande : cet enfant mort-né aura-t-il un jour droit à une sépulture digne ?
Ces incidents tragiques mettent en lumière la nécessité urgente d’améliorer la gestion des morgues et le respect des droits des familles dans tout le pays.
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Photo : le chef-lieu de Ruyigi, dans la province de Buhumuza à l’est du Burundi, où un bébé mort-né a disparu mystérieusement à la maternité de l’hôpital de district, provoquant indignation et inquiétude parmi les habitants ©SOS Médias Burundi
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