Burundi : le Premier ministre appelle à consommer local pour préserver les devises

Burundi : le Premier ministre appelle à consommer local pour préserver les devises

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 8 octobre 2025 — Face à la rareté des devises et à la dépréciation continue du franc burundais, le gouvernement burundais appelle à un changement de comportement économique. Le Premier ministre Nestor Ntahontuye a insisté sur la valorisation des produits locaux et la réduction des importations jugées inutiles, lors d’une réunion tenue le lundi 6 octobre 2025 dans la capitale économique Bujumbura, à l’intention des responsables administratifs, des opérateurs économiques et des acteurs agro- éleveurs.

M. Ntahontuye a mis en garde contre l’achat à l’étranger de produits déjà fabriqués au Burundi :

« Acheter à l’étranger ce que nous produisons ici, c’est gaspiller nos devises et affaiblir notre économie », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a précisé qu’une loi relative à la réduction des importations de produits disponibles localement a déjà été élaborée. Dorénavant, seules les importations de biens indisponibles sur le marché national seront autorisées.

« Toutes les entreprises, sociétés et industries publiques ont été instruites de privilégier l’approvisionnement local dès lors qu’il existe des alternatives disponibles », a ajouté M. Ntahontuye.

Cette orientation s’inscrit dans la politique nationale de substitution aux importations, visant à réduire la dépendance extérieure, stimuler la production locale, renforcer la compétitivité des entreprises burundaises et accroître les exportations.

Objectifs économiques de la mesure

Selon le gouvernement, cette initiative devrait :

Augmenter les exportations ;

Créer de nouveaux emplois ;

Stabiliser les réserves de devises, indispensables au développement économique du pays.

Le point de vue de la société civile

Dans ce contexte, la société civile burundaise appelle à des mesures structurelles complémentaires pour renforcer l’économie. Faustin Ndikumana, président de l’organisation Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (PARCEM), plaide pour l’indépendance de la Banque de la République du Burundi (BRB).

Lors d’une conférence de presse en juillet 2025, il a dénoncé la gestion opaque et la dépendance politique de la BRB, qu’il juge nuisibles à l’économie nationale. Il propose que la Banque centrale revienne sous la tutelle du ministère des Finances, afin d’instaurer une régulation plus rigoureuse et garantir une gestion équitable des ressources monétaires.

« Il faut garantir son indépendance et sa professionnalisation afin qu’elle serve l’intérêt général, et non des intérêts particuliers », a insisté M. Ndikumana.

L’activiste met en garde contre toute instrumentalisation politique de la BRB et plaide pour une séparation claire entre les responsabilités techniques et les agendas politiques.

Une urgence nationale

Entre la pénurie de devises, la dépendance aux importations et la nécessité de stimuler la production locale, le gouvernement et la société civile s’accordent sur l’urgence d’une action concertée. Pour M. Ntahontuye comme pour M. Ndikumana, la valorisation du produit burundais et la bonne gouvernance monétaire sont des leviers indispensables pour stabiliser l’économie et renforcer la résilience du pays face aux crises.

Le Burundi traverse actuellement la pire crise économique de son histoire, aggravée par une carence de carburant qui perdure depuis près de cinq ans.

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Photo : le Premier ministre burundais, Nestor Ntahontuye, appelle à consommer les produits locaux afin de préserver les devises et renforcer la stabilité économique du pays. ©SOS Médias Burundi

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