Rutana : deux hommes condamnés pour atteinte à l’économie nationale dans une affaire de fraude sur les engrais

Rutana : deux hommes condamnés pour atteinte à l’économie nationale dans une affaire de fraude sur les engrais

SOS Médias Burundi

Rutana, 28 octobre 2025 — Le Tribunal de grande instance de Rutana a condamné, le vendredi 24 octobre, deux hommes, Alexis Kwizera, chauffeur, et Ferdinand Manirakiza, à six mois de prison ferme et à une amende d’un million de francs burundais chacun pour atteinte à l’économie nationale.

Les deux prévenus ont été arrêtés le 20 octobre 2025 à Musongati, en province de Burunga, dans le sud du Burundi, alors qu’ils déchargeaient une tonne de fertilisants au domicile de Ferdinand Manirakiza, sur la colline Nyabakara. Selon des sources judiciaires, c’est Alexis Kwizera qui assurait le transport des engrais jusqu’à ce domicile.

Lors de leur procès en flagrance, les deux hommes ont reconnu les faits. Ils ont déclaré que les engrais appartenaient à un commerçant dénommé Josias, qui se serait volatilisé après avoir appris l’intervention de la police. D’après leurs déclarations, Josias se préparait à vendre les fertilisants en Tanzanie.

Une pénurie d’engrais à l’échelle nationale

Cette affaire survient alors que la pénurie de fertilisants inquiète fortement la population burundaise. Dans plusieurs communes de la province de Burunga, par exemple, les agriculteurs déplorent le manque d’engrais pour la saison agricole 2025 A, une situation qui risque de faire baisser la production du maïs et d’autres cultures vivrières.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage a reconnu ces difficultés dans un communiqué du 22 octobre 2025, annonçant le report sine die de la distribution des engrais ainsi que du paiement de la solde par les agriculteurs, initialement prévu le 23 octobre au niveau national.

Le ministère attribue cette situation au faible taux de production de l’entreprise FOMI, évalué à seulement 27 % des besoins nationaux. Il a demandé à cette dernière d’accélérer sa production pour atteindre au moins 50 % de la demande.

La FOMI, acronyme de Fertilisants Organo-Minéraux Industries, est une entreprise burundaise spécialisée dans la fabrication d’engrais organo-minéraux et de chaux agricole. Ses produits sont conçus pour améliorer la fertilité des sols, particulièrement dans les conditions tropicales acides et pauvres en matières organiques. La gamme comprend notamment le FOMI-IMBURA (engrais complet), le FOMI-TOTAHAZA (azoté) et le FOMI-BAGARA (potassique).

Appels à la libéralisation du secteur

Face à cette crise, plusieurs agriculteurs estiment que le gouvernement devrait libéraliser le secteur des engrais. Selon eux, la FOMI a démontré son incapacité à répondre aux besoins du pays, et ouvrir le marché à d’autres acteurs permettrait d’assurer une meilleure disponibilité des fertilisants sur le territoire national.

_______________________________________________

Photo : Des agriculteurs locaux en train de partager de très petites quantités de fertilisants en province de Makamba au sud du Burundi, novembre 2024 © SOS Médias Burundi

Previous Photo de la semaine-Burundi : des associations réclament le droit de se recueillir sur le site mémorial de Kw’i Bubu
Next Rumonge : 14 jeunes arrêtés pour complot présumé contre le chef de la colline Mwange

You might also like

Justice Fr

Affaire-Bunyoni : la justice burundaise poursuit l’ancien premier ministre pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat notamment

C’est la porte-parole du procureur général de la République et de la cour suprême qui l’a déclaré ce lundi. L’ancien tout puissant premier ministre risque 30 ans de prison. (SOS

Justice Fr

Bururi : plus de deux cents décisions judiciaires remises aux justiciables

221 dossiers pour requête en révision ont été rejetés pour motif non fondé. Les décisions y relatives ont été remises aux justiciables par la ministre de la justice ce jeudi

Justice Fr

Rumonge : sept personnes dont quatre Imbonerakure condamnées pour atteinte à l’économie nationale

Sept personnes, dont quatre Imbonerakure, parmi lesquels un membre du comité mixte de sécurité provincial, ont été condamnées pour atteinte à l’économie nationale, extorsion et détournement d’objets saisis par le