Épidémie de choléra à Bujumbura : l’École Technique Secondaire de Kamenge ferme ses portes par précaution
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 3 novembre 2025 — L’École Technique Secondaire de Kamenge, dans la commune urbaine de Ntahangwa à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, a suspendu ses cours depuis ce lundi matin après l’apparition de plusieurs cas de choléra parmi ses élèves. Selon des sources sur place, une dizaine d’élèves présentaient déjà des symptômes depuis samedi dernier. Les autorités sanitaires ont confirmé le diagnostic.
« Depuis samedi, nous avons remarqué que plusieurs élèves souffraient de diarrhées aiguës et de vomissements. Les autorités sanitaires ont confirmé qu’il s’agissait bien du choléra », a confié un enseignant rencontré sur les lieux, décrivant la situation alarmante dans l’établissement.
Transfert des malades vers les hôpitaux de référence
Dès lundi matin, des ambulances ont transporté les malades vers l’hôpital Prince Régent Charles et l’hôpital Roi Khaled de Kamenge. Les autorités scolaires ont demandé à tous les enseignants et élèves externes de rester à la maison jusqu’à nouvel ordre.
« Nous avons préféré renvoyer les élèves venus ce matin avant même qu’ils n’entrent dans l’école. Il faut absolument éviter tout attroupement et les contacts physiques, surtout les poignées de main », explique un membre de la direction.
Des mesures sanitaires d’urgence
Le ministère de la Santé publique a déployé des équipes d’hygiénistes pour désinfecter les lieux. La pulvérisation des latrines, dortoirs et zones communes a commencé dès lundi après-midi.
« Notre priorité est de stopper la propagation du choléra à l’intérieur de l’établissement », indique un responsable du service d’hygiène.
« Nous avons également sensibilisé les élèves et le personnel sur les gestes de prévention. »
Un manque criant d’eau à l’origine du problème
L’École Technique Secondaire de Kamenge compte plus de mille élèves, mais souffre depuis longtemps d’un déficit en eau potable. D’après plusieurs témoignages, l’eau ne coule dans les robinets qu’entre deux et trois heures du matin, et encore de manière irrégulière. Les élèves doivent donc se lever au milieu de la nuit pour puiser l’eau nécessaire à leur hygiène quotidienne.
« Nous devons nous réveiller très tôt pour chercher de l’eau. Ceux qui ne se lèvent pas restent sans se laver ni nettoyer les salles, » raconte un élève interne.
« Pendant les cours, on est fatigués, on somnole. C’est difficile de suivre normalement. »
Face à ces conditions, certains parents ont choisi de faire de leurs enfants des externes afin de leur permettre un accès plus facile à l’eau potable à domicile.
Contexte de tensions et sabotage
Selon des sources locales, l’approvisionnement en eau aurait été saboté par des personnes mal intentionnées, dans un contexte de tensions autour du directeur de l’établissement et de polémiques ethniques relayées sur les réseaux sociaux et WhatsApp.
Situation du choléra dans le pays
Le Burundi fait face chaque année à des flambées de choléra dans certaines localités. Depuis le 1er janvier 2025, 2401 cas ont été notifiés dans 12 districts sanitaires : Cibitoke, Bujumbura Nord, Bujumbura Centre, Bujumbura Sud, Isare, Kabezi, Mpanda, Makamba, Bubanza, Mabayi, Rwibaga et Rumonge, dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays, selon le ministère de la Santé.
Une note du ministère en charge de l’éducation, publiée ce 3 novembre et vue par SOS Médias Burundi, appelle les directeurs d’école à renforcer les mesures d’hygiène et à alerter les autorités administratives en cas de maladie dangereuse.
« Le choléra reste une menace évitable si les règles d’hygiène sont respectées », rappelle un agent du ministère.
« Mais sans un accès régulier à l’eau potable, ces mesures restent difficiles à appliquer. »
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Photo : Des patients souffrant de choléra sont admis à l’hôpital Prince Régent Charles à Bujumbura, l’un des rares établissements de la capitale économique du Burundi à prendre en charge les cas liés à l’épidémie. © SOS Médias Burundi
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