Kavumu : l’arrêt de la distribution des briquettes expose les réfugiés à de graves dangers
SOS Médias Burundi
Kavumu, 3 novembre 2025 – La situation devient préoccupante au camp de réfugiés de Kavumu, situé dans la commune de Cankuzo, en province de Buhumuza à l’est du Burundi. Ce camp accueille plus de 20 000 personnes. La distribution mensuelle de briquettes, essentielles pour la cuisson et le chauffage, n’a pas eu lieu en octobre et ne devrait pas reprendre avant plusieurs mois. Cette interruption entraîne déjà de lourdes conséquences humanitaires, notamment une recrudescence des violences sexuelles.
Privés de briquettes, les réfugiés doivent parcourir de longues distances pour se procurer du bois ou du charbon, une tâche dangereuse, surtout pour les femmes et les jeunes filles.
« Nous partons souvent très loin pour ramasser les restes de charbon dans les fours ou sur les parcelles des Burundais des villages voisins. Certains hommes nous demandent des faveurs sexuelles en échange. Certaines femmes ont été victimes de violences, mais elles n’osent pas en parler », témoigne, sous couvert d’anonymat, une réfugiée.
Un sac de charbon coûte entre 20 000 et 30 000 francs burundais, une somme inabordable pour la majorité des familles déjà fragilisées économiquement.
Une crise liée à la suspension de l’aide américaine
Selon Brigitte Mukanga-Eno, représentante du HCR au Burundi, cette rupture est due à une baisse des financements suite à l’arrêt de l’aide américaine, ancien principal bailleur.
« Chaque mois, le HCR dépensait environ 200 000 dollars pour acheter et distribuer des briquettes dans cinq camps. Depuis la suspension de l’aide américaine, nous avons dû réorienter nos priorités », explique-t-elle.
Le HCR propose désormais de réaffecter ces fonds au financement d’activités génératrices de revenus (AGR), afin de renforcer l’autonomie économique des réfugiés.
Des familles démunies et inquiètes
Mais cette suspension pèse lourdement sur le quotidien des ménages.
« Les briquettes nous aidaient à cuisiner les haricots, notre nourriture de base. Maintenant, nous devons acheter deux sacs de charbon par mois, ce qui coûte trop cher », déplore Macozi, mère de huit enfants.
« Le HCR parle de financer des AGR, mais il faut que tout le monde en bénéficie, pas seulement quelques-uns. Sinon, la situation restera critique », ajoute-t-elle.
Les réfugiés appellent le HCR à mettre en place un mécanisme équitable pour remplacer les briquettes, afin de leur permettre de survivre dignement, sans exposer leur sécurité.
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Photo : Une cour intérieure du camp de réfugiés de Kavumu, à l’est du Burundi, où les réfugiés ne sont plus approvisionnés en briquettes de cuisson, exposant la population à de graves risques alimentaires et sanitaires. SOS Médias Burundi
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