RDC : l’arrestation du général Masunzu, symptôme d’une armée en crise
SOS Médias Burundi
Bukavu, 4 novembre 2025 – Le lieutenant-général Pacifique Masunzu, commandant de la 3ᵉ zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aurait été arrêté ce dimanche, selon plusieurs sources militaires.
Des témoins affirment que l’arrestation serait intervenue à Kisangani, la capitale de la province de la Tshopo, peu après la visite du chef d’état-major général des FARDC, de retour d’une mission officielle à Bujumbura, la capitale économique du Burundi.
« Le chef d’état-major est arrivé à Kisangani en provenance de Bujumbura. Il s’est rendu à la résidence du général Masunzu, où ses téléphones ont été confisqués avant qu’il ne soit conduit à Kinshasa, la capitale congolaise », a confié à notre rédaction une source proche du dossier.
Les raisons de l’arrestation encore floues
Aucune communication officielle de l’armée congolaise n’a, pour l’heure, confirmé ou commenté l’arrestation du général Masunzu.
Cependant, plusieurs hypothèses circulent dans les milieux sécuritaires de Kinshasa. Certains évoquent des liens supposés avec l’ancien président Joseph Kabila, qui a récemment lancé une coalition hostile au gouvernement congolais. D’autres l’accusent d’inefficacité face à l’avancée du M23 dans l’Est du pays.
D’autres sources affirment que le haut gradé aurait interféré dans les opérations contre le général Olivier Gasita. Ce dernier a été obligé de quitter la ville d’Uvira, devenue chef-lieu de la province du Sud-Kivu, après la chute de Bukavu, son ancien chef-lieu, tombé entre les mains des rebelles du M23 au début de l’année.
Le général Gasita a été soupçonné par une partie de la société civile et des milices Wazalendo, entretenues par Kinshasa, d’être un espion du Rwanda et de tolérer les avancées du M23. Des manifestations contre son installation ont coûté des vies humaines et paralysé la ville d’Uvira avant que l’armée ne décide son évacuation, aidée notamment par la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB).
Pourtant, les deux généraux sont membres de la communauté Banyamulenge, une minorité tutsie persécutée depuis plusieurs années. Mais ils se sont toujours regardés en chiens de faïence.
Un haut commandant au parcours stratégique
Le lieutenant-général Pacifique Masunzu, originaire du Sud-Kivu, dirigeait la 3ᵉ zone de défense, qui couvre cinq provinces : la Tshopo, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema. Avant cette nomination, il avait commandé la 2ᵉ zone de défense basée à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.
Une série d’arrestations dans l’armée congolaise
Son interpellation présumée s’ajoute à une longue liste d’arrestations au sein des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo).
Selon plusieurs observateurs, plus de 28 généraux auraient été arrêtés ces derniers mois, accusés de collusion avec l’ennemi ou de désertion face au front.
Le M23, une ancienne rébellion tutsie, a repris les armes fin 2021, reprochant aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté leurs engagements de réinsertion. Depuis le début de l’année, ses combattants affiliés à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) contrôlent plusieurs zones stratégiques riches en minerais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que leurs chefs-lieux : Goma et Bukavu.
Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir les rebelles, ce que Kigali nie fermement. Le Burundi a, pour sa part, déployé environ 10.000 soldats dans l’Est congolais pour combattre aux côtés des FARDC et de leurs milices alliées contre le M23.
En attendant une déclaration officielle du ministère de la Défense ou de l’état-major général, le sort du lieutenant-général Pacifique Masunzu demeure incertain.
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Photo : Le lieutenant-général Pacifique Masunzu, arrêté le 2 novembre à Kisangani avant d’être transféré à Kinshasa. Il dirigeait, jusqu’à son interpellation, la 3ᵉ zone de défense. © DR / SOS Médias Burundi
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