Trafic d’enfants au Burundi : un fléau banalisé malgré les alertes récurrentes
SOS Médias Burundi,
Bujumbura, 24 novembre 2025 – Près de 300 enfants ont été victimes de trafic humain au Burundi en 2024. Alors que les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme, les autorités administratives sont accusées de négliger, voire de banaliser, l’ampleur de ce phénomène. L’Observatoire national de lutte contre la criminalité transnationale (ONLCT – « Où est ton frère ? ») appelle à une réaction urgente et coordonnée.
Selon Prime Mbarubukeye, président de l’ONLCT, près de 300 enfants ont été victimes de traite humaine en 2024. Cette information a été rendue publique le 21 novembre, à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’enfant.
Les formes de trafic les plus fréquentes identifiées dans le pays incluent :
L’exploitation économique,
Le travail forcé (agriculture et commerce informel),
Les déplacements irréguliers d’enfants à travers les frontières,
L’exploitation sexuelle à des fins commerciales,
Le recrutement illicite par des réseaux criminels.
Le rapport 2024 de l’ONLCT indique que 281 enfants sont tombés dans les filets des trafiquants au cours de l’année.
Des zones particulièrement touchées
Parmi ces victimes, 130 enfants auraient été recrutés dans les communes de Makamba et Rutana, dans la province de Burunga, au sud du Burundi. 151 autres auraient été ciblés dans les communes de Ruyigi, Cankuzo et Muyinga, en province de Buhumuza à l’est du pays.
Selon l’ONLCT, ces zones constituent des couloirs privilégiés pour le trafic d’enfants, notamment vers des pays voisins comme la Tanzanie, principale destination de ces réseaux.
Un appel pressant à la mobilisation nationale
Face à cette situation, l’ONLCT exhorte le gouvernement burundais à intensifier la sensibilisation communautaire et recommande la mise en place de synergies multisectorielles locales pour lutter efficacement contre ce fléau.
Pour l’organisation, il est essentiel que les communautés de base jouent un rôle actif :
« Elles doivent avoir un œil vigilant sur les cas de présumés auteurs de la traite d’enfants dans les collines et les quartiers. »
Un combat nécessitant une coopération régionale
L’ONLCT appelle également à un renforcement de la collaboration entre les pays de la sous-région afin de démanteler les réseaux transfrontaliers. La porosité des frontières et la pauvreté structurelle rendent de nombreux enfants vulnérables aux trafiquants.
Un fléau qui persiste
Malgré diverses campagnes de prévention, la traite d’enfants continue de prospérer au Burundi, alimentée par l’impunité, le manque de moyens des institutions et une prise de conscience encore insuffisante.
Pour Prime Mbarubukeye, seule une mobilisation communautaire, institutionnelle et régionale permettra de freiner, puis d’éradiquer ce phénomène qui prive chaque année des centaines d’enfants de leurs droits fondamentaux.
_______________________________________________
Photo : Des enfants issus de familles pauvres à Gitega, exposés aux réseaux de trafiquants. © SOS Médias Burundi
You might also like
Ruyigi : un couple tué à coups de machette chez lui à Rusengo
Melchiade Bihomvore 70 ans et Véronique Munanage, 64 ans ont été tués à la machette dans la nuit de vendredi. Les faits ont eu lieu sur la colline de Nyagutoha
Cibitoke : nouvelles découvertes macabres, la population réclame justice
SOS Médias Burundi Cibitoke, 8 octobre 2025 — Deux hommes ont été retrouvés morts mardi matin sur les collines de Ndava-Village et Ruhagarika, dans la commune de Bukinanyana, province de
Giharo: découverte de trois corps dans deux jours seulement
Les trois cadavres des hommes ont été découverts sur la seule colline de Muhafu. C’est en zone de Muzye dans la commune de Giharo, province de Rutana (sud-est du Burundi).
