Photo de la semaine : près de 500 hommes brisent le silence sur les violences économiques conjugales
Près de 500 hommes burundais ont osé parler. Depuis 2021, ils se sont confiés à l’association « Les hommes en détresse » (Abagabo mu gahinda) pour dénoncer les violences qu’ils subissent au sein de leur foyer, des violences principalement économiques, un phénomène encore largement tabou dans la société burundaise.
Mardi 18 novembre, à l’hôtel Source du Nil dans la ville commerciale de Bujumbura, l’association a tenu une conférence de presse pour révéler une réalité longtemps passée sous silence : l’ampleur des violences conjugales dont sont victimes les hommes.
Son représentant légal, Boniface Nduwimana, a précisé que 479 hommes ont sollicité l’organisation depuis 2021 pour signaler des actes de violence venant de leurs conjointes.
« Ces témoignages traduisent une souffrance longtemps passée sous silence. Beaucoup hésitent à parler, par peur d’être ridiculisés ou de ne pas être pris au sérieux », a expliqué M. Nduwimana.
Des violences essentiellement économiques
Parmi les victimes, 159 hommes ont été touchés par des violences économiques : confiscation de revenus, privation de l’accès aux ressources du ménage, endettement forcé ou contrôle abusif des biens du couple.
Ces formes de violences, souvent invisibles et difficiles à prouver, n’en demeurent pas moins destructrices.
« Les hommes viennent nous voir quand ils n’en peuvent plus. Beaucoup sont humiliés, dépouillés, isolés financièrement », a-t-il ajouté.
Des dossiers portés devant la justice
Si la majorité des cas restent traités dans le cadre d’un accompagnement social et psychologique, 33 dossiers ont déjà été portés devant la justice.
L’association suit ces procédures de près et accompagne les victimes dans leurs démarches juridiques, même si le cadre légal actuel ne facilite pas toujours la prise en charge de ces plaintes.
Plaidoyer pour une réforme législative
Face à cette situation, l’association appelle à une réforme profonde des lois relatives aux violences basées sur le genre, actuellement centrées sur la protection des femmes.
« Il faut arrêter de croire que seuls les hommes sont violents. Aujourd’hui, de nombreux hommes souffrent en silence. Ils ne trouvent ni leur place dans les lois, ni dans la société », a insisté Boniface Nduwimana.
Briser le tabou et reconnaître le phénomène
L’association appelle à ouvrir un débat national sur les violences faites aux hommes, un sujet rarement abordé dans l’espace public burundais. Elle invite également les institutions publiques, la société civile et le système judiciaire à reconnaître l’existence de ce phénomène et à mettre en place des mécanismes de protection adaptés.
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Notre photo : dans ce couloir d’hôpital, un père tient son enfant dans ses bras pour soutenir sa femme : de plus en plus d’hommes dénoncent les abus économiques et conjugaux au Burundi. © SOS Médias Burundi
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