Accusé de propos favorables au M23, un cadre communal de Rumonge traqué par les services de sécurité

Accusé de propos favorables au M23, un cadre communal de Rumonge traqué par les services de sécurité

SOS Médias Burundi

Rumonge, 15 décembre 2025 — Depuis le 13 décembre 2025, Augustin Hakizimana, cadre récemment affecté au département de la communication de la commune de Rumonge, dans la province de Burunga au sud-ouest du Burundi, vit dans la clandestinité. Selon plusieurs sources concordantes, il est activement recherché par les services de sécurité à la suite de la fuite d’un enregistrement audio jugé sensible.

Dans cet élément sonore devenu viral dans certains cercles, Augustin Hakizimana s’entretiendrait avec un proche et aurait tenu des propos perçus comme favorables à l’avancée du mouvement rebelle M23 vers la ville d’Uvira, à l’est de la République démocratique du Congo, rapportent des sources locales. La diffusion de cet audio aurait immédiatement déclenché de vives réactions à son encontre.

Des proches affirment qu’à la suite de cette fuite, il aurait reçu des menaces émanant de responsables du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, l’accusant de sympathies ou de collaboration avec le M23. Dans le contexte sécuritaire actuel, de telles accusations sont considérées comme graves. Elles auraient motivé l’ouverture de recherches par les services de sécurité, le contraignant à se soustraire à toute apparition publique.

Cette affaire intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Depuis plusieurs semaines, l’est de la RDC est le théâtre d’intenses combats entre le M23 et les forces congolaises, appuyées par des miliciens Wazalendo. La prise d’Uvira par les rebelles a provoqué d’importants déplacements de populations et la fuite d’éléments armés vers le Burundi, notamment via le lac Tanganyika.

Le Burundi est directement impliqué dans le conflit à l’est de la RDC, avec le déploiement de milliers de soldats burundais aux côtés des forces congolaises. Gitega affiche une ligne officielle hostile au M23, considéré comme un mouvement rebelle soutenu par le Rwanda. Dans ce contexte, toute expression perçue comme favorable à ce groupe est assimilée à une atteinte à la sécurité nationale.

Au-delà de l’affaire de l’audio, des membres de la famille d’Augustin Hakizimana évoquent un climat de répression à caractère ethnique. D’origine tutsie et natif de la zone de Muzenga, dans l’ancienne commune de Buyengero, il venait d’être récemment promu à Rumonge. « Certains de ses détracteurs auraient profité de la fuite de cet audio pour l’écarter », confie un proche, estimant que cette controverse aurait servi de prétexte pour le cibler.

Jusqu’à la publication de cet article, aucune communication officielle n’avait été faite par l’administration de la commune de Rumonge au sujet de cette affaire. Le silence des autorités continue d’alimenter les interrogations autour du sort d’Augustin Hakizimana, dont la situation demeure incertaine, alors qu’il vit toujours caché, craignant pour sa sécurité.

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Photo : un centre d’accueil improvisé a été installé à Rumonge pour recevoir les réfugiés congolais arrivant au Burundi. Un ancien responsable éducatif récemment nommé au département de la communication de la commune de Rumonge vit, pour sa part, dans la clandestinité pour avoir partagé un enregistrement audio jugé favorable au M23, selon plusieurs sources. ©SOS Médias Burundi

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