Burunga : la pénurie de moustiquaires ravive la menace du paludisme
SOS Médias Burundi
Burunga, 19 janvier 2026 — Dans la province de Burunga, au sud du Burundi, de nombreux habitants affirment ne pas avoir encore bénéficié des moustiquaires imprégnées d’insecticide promises par les autorités sanitaires. Cette situation, combinée à une pénurie persistante de médicaments antipaludiques, expose la population à une recrudescence inquiétante du paludisme, en pleine saison des pluies.
Dans plusieurs localités de la province, l’absence prolongée de moustiquaires continue d’inquiéter les communautés. Ces équipements, considérés comme un moyen essentiel de prévention contre le paludisme, n’ont pas encore atteint tous les ménages, alors que la prolifération des moustiques s’intensifie avec les pluies. Les habitants redoutent une aggravation rapide de la situation sanitaire, notamment dans les zones rurales.
Le 26 novembre dernier, le ministère en charge de la Santé avait lancé une campagne nationale de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide, étalée sur près d’une semaine. Toutefois, l’opération a été perturbée dans plusieurs régions de la petite nation de l’Afrique de l’Est. Les agents chargés de la distribution devaient enregistrer les bénéficiaires à l’aide de tablettes numériques, mais la faible connectivité dans certaines zones a empêché la synchronisation des données en temps réel, retardant, voire bloquant, la distribution dans plusieurs localités.
Dans les communautés non desservies, des soupçons émergent quant à une possible diversion de moustiquaires vers des circuits de vente illicites. Certains habitants affirment en avoir vu en vente à des prix jugés exorbitants dans le pays voisin de la Tanzanie, alimentant frustration et méfiance à l’égard du système de distribution.
Parallèlement, le manque de médicaments antipaludiques dans plusieurs centres de santé et hôpitaux de la province aggrave la situation. Les structures sanitaires publiques, souvent en première ligne, peinent à faire face à l’afflux de patients. Faute de traitements disponibles, de nombreux malades se tournent vers des pharmacies privées, où les coûts restent inaccessibles pour une large partie de la population.

Cette rupture de médicaments touche particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées, considérés comme les plus vulnérables face au paludisme. Des professionnels de santé alertent sur les risques majeurs liés à cette double pénurie. Sans prise en charge rapide et appropriée, la maladie peut évoluer vers des formes graves, entraînant des complications sévères, voire des décès évitables.
Certains témoignages recueillis sur le terrain évoquent déjà des pertes en vies humaines qui ne seraient pas systématiquement documentées, notamment dans les zones rurales éloignées des structures sanitaires.
Face à cette situation, les habitants appellent le gouvernement et les partenaires du secteur de la santé à intervenir en urgence afin d’assurer une distribution équitable et transparente des moustiquaires imprégnées, ainsi qu’un approvisionnement régulier en médicaments essentiels. Ils dénoncent également une inégalité de traitement entre localités, certaines ayant déjà bénéficié de la campagne de distribution, tandis que d’autres restent en marge.
De leur côté, les responsables des services de santé de la province de Burunga reconnaissent que certaines zones n’ont pas encore été couvertes, invoquant des contraintes liées au mécanisme de distribution. Ils assurent toutefois que l’opération devrait reprendre prochainement et que des dispositions sont en cours pour rapprocher les points de distribution des localités non desservies et renforcer la disponibilité des médicaments antipaludiques.
Cette situation intervient alors que les autorités sanitaires confirment une augmentation continue des cas de paludisme à l’échelle nationale. Sans une couverture complète en moustiquaires imprégnées et un approvisionnement suffisant en médicaments, les spécialistes préviennent que le risque d’une aggravation de la crise sanitaire demeure élevé.
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Photo : une démonstration de la bonne installation et utilisation d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide lors du lancement de la campagne nationale de distribution des moustiquaires, organisée dans la capitale politique Gitega le 26 novembre 2025.©SOS Médias Burundi
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