Photo de la semaine- Burundi : 217 détenus libérés à Ngozi pour désengorger des prisons surpeuplées
217 détenus, dont 195 hommes, 19 femmes et 3 filles mineures, ont été libérés ce vendredi des prisons pour hommes et pour femmes de Ngozi, dans le nord de la petite nation de l’Afrique de l’Est. Cette mesure exceptionnelle s’inscrit dans une opération visant à réduire la surpopulation carcérale, un problème récurrent dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays.
Selon la Procureure générale de la République, Rose Nkorerimana, la libération concerne principalement des personnes âgées ainsi que des détenus purgeant des peines légères.
« Cette opération vise le désengorgement des prisons et l’amélioration des conditions de détention », a-t-elle déclaré.
Un appel à la réinsertion et à l’auto-développement
S’adressant aux détenus récemment libérés, la Procureure générale les a exhortés à éviter toute récidive et à s’engager dans des activités d’auto-développement.
« Nous conseillons aux détenus relaxés d’aller directement aux travaux d’auto-développement et d’éviter de retomber dans les mêmes infractions », a-t-elle insisté.
Une prison centrale largement au-delà de sa capacité
Malgré cette libération, la situation demeure critique à la prison centrale pour hommes de Ngozi, qui héberge actuellement plus de 1 800 détenus pour une capacité d’accueil d’environ 400 personnes. Cette surpopulation entraîne des conditions de vie particulièrement difficiles : manque chronique de nourriture, insuffisance de haricots et de farine de maïs, coupures fréquentes d’eau et d’électricité.
Faute d’espace, certains détenus sont contraints de dormir à la belle étoile, tandis que d’autres s’entassent dans des cellules prévues pour cinq personnes mais occupées par vingt détenus ou plus.
Des maladies qui se multiplient derrière les barreaux
La promiscuité favorise également la propagation de maladies, notamment des affections cutanées et des maladies épidémiques telles que le choléra, selon des sources pénitentiaires. Une situation qui fait peser de lourds risques sur la santé des prisonniers.
Une crise carcérale nationale persistante
Au-delà de Ngozi, le phénomène est structurel. Au Burundi, les prisons disposent d’une capacité officielle estimée à 4 294 places, alors que la population carcérale dépasse régulièrement les 12 000 détenus. Dans certains établissements, le taux d’occupation excède 300 %, aggravant les conditions de détention et les tensions internes.
La société civile salue le geste, mais appelle à des réformes
Les organisations de la société civile œuvrant pour les droits humains saluent cette libération, tout en la jugeant insuffisante face à l’ampleur du problème.
« Libérer 217 détenus est un pas positif, mais ce n’est qu’une solution temporaire. Tant que les politiques pénales ne seront pas réformées, les prisons resteront surpeuplées », estime un responsable d’une organisation locale à Ngozi.
D’autres acteurs plaident pour des alternatives à l’emprisonnement, en particulier pour les infractions mineures.
« La détention préventive abusive et les peines courtes contribuent largement à la surpopulation carcérale. Il est urgent de promouvoir les travaux d’intérêt général et la médiation pénale », souligne un activiste des droits humains.
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Notre photo : la Procureure générale Rose Nkorerimana remet un billet d’élargissement à une prisonnière, symbole de la mesure de désengorgement des prisons à Ngozi, le 16 janvier 2026 .©DR/SOS Médias Burundi
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