Dzaleka : Sortis pour un retrait bancaire, des dizaines de réfugiés finissent en détention
SOS Médias Burundi
Dzaleka, 29 janvier 2026 – Plusieurs dizaines de réfugiés ont été arrêtés ce mercredi après être sortis du camp de Dzaleka sans autorisation. Leurs familles invoquent la clémence des services de l’immigration à Lilongwe, la capitale malawite, où ils sont actuellement détenus.
La plupart d’entre eux sont des femmes. Ils s’étaient rendus dans la capitale pour retirer leur assistance monétaire à des guichets bancaires automatiques (ATM).
« Ici au camp, nous n’avons qu’un seul guichet ATM. Alors, imaginez plus de 50 000 réfugiés qui doivent se servir de ce point d’approvisionnement en monnaie. Les files sont interminables car chacun a besoin de son argent », apprend-on.
Face à cette situation, plusieurs réfugiés préfèrent se déplacer vers le centre-ville du district de Dowa ou encore jusqu’à la capitale Lilongwe pour bénéficier de ce service.
C’est le cas des réfugiés arrêtés ce mercredi.
« La police a surpris une longue file d’attente devant un guichet bancaire automatique. Elle a vite arrêté tout le monde. Dès qu’elle les a identifiés comme des réfugiés, elle les a confiés à l’immigration qui les a placés dans les cachots, car aucune d’entre elles n’avait une permission de sortir du camp », explique un leader local.
Pour être libérés, ils doivent payer une somme supérieure à celle qu’ils étaient partis retirer.
« Celui qui devrait avoir beaucoup d’argent n’allaient pas dépasser une somme de 250 000 kwachas malawiens. Alors, pour recouvrer la liberté, chacun est demandé de payer au moins 500 mille kwachas malawiens, le double ! C’est vraiment dommage ! », ajoute le leader communautaire, qui mise sur la clémence de la police de l’immigration.
Selon lui, le HCR devrait se concerter avec ses partenaires bancaires afin d’installer davantage de guichets automatiques et permettre à des agents de transfert d’argent d’appuyer ces services au camp de Dzaleka.
Parmi les personnes interpellées figurent des femmes enceintes ou allaitantes, raison pour laquelle des leaders locaux demandent à l’administration du camp d’intercéder en leur faveur, tout en recommandant aux réfugiés de ne plus enfreindre la loi.
Le camp de Dzaleka, qui accueille plus de 50 000 réfugiés, dont au moins 11 000 Burundais, continue de faire face à d’importants défis sécuritaires, accentués par cette nouvelle affaire.
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Photo : des agents de la police du Malawi lors d’une opération de rafle visant des réfugiés originaires des Grands-Lacs d’Afrique. Des dizaines de personnes ont été arrêtées après être sorties du camp pour aller retirer de l’argent, janvier 2026. ©SOS Médias Burundi
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