RDC – L’AFC/M23 revendique la destruction du centre de commandement des drones des FARDC à Kisangani

RDC – L’AFC/M23 revendique la destruction du centre de commandement des drones des FARDC à Kisangani

SOS Médias Burundi

Goma, 4 février 2026 – La coalition Alliance Fleuve Congo / M23 (AFC/M23) affirme avoir détruit le centre de commandement des drones militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), installé à l’aéroport de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Selon le porte-parole de la coalition, Lawrence Kanyuka, l’opération a été menée entre le samedi 31 janvier et le dimanche 1er février 2026.

Les autorités congolaises contestent toutefois cette version et affirment que les FARDC ont intercepté et neutralisé des engins hostiles près de l’aéroport international de Bangboka dans la nuit du 31 janvier, assurant le maintien du contrôle sur leurs installations. Ces deux versions divergent sur l’ampleur et l’impact réel de l’opération, illustrant la complexité du conflit qui secoue l’Est de la RDC depuis plusieurs années.

Dans le Sud-Kivu, le territoire de Fizi, notamment la localité de Minembwe, a été la cible de frappes de drones contre le groupe armé Twirwaneho, composé de jeunes combattants de la minorité Banyamulenge et allié de taille de la coalition AFC/M23. Des habitants locaux rapportent que les attaques ont cessé depuis la destruction du centre à Kisangani.

« La semaine passée, les FARDC ont utilisé plus de 18 drones pour bombarder les Banyamulenge à Minembwe, Point Zéro et Mikenge. Depuis lundi 2 février, aucun bombardement n’a été signalé », témoigne un habitant de Minembwe.

Des témoignages similaires proviennent des territoires de Walikale, Rutshuru, Mwenga et Masisi dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les populations affirment qu’aucune frappe de drone n’a été observée depuis plusieurs jours, laissant penser que l’attaque de Kisangani aurait neutralisé un dispositif stratégique majeur.

Une maison en partie endommagée par une frappe de drone à Masisi, dans le Nord-Kivu, en janvier 2026. L’attaque a été attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). ©SOS Médias Burundi
Une maison en partie endommagée par une frappe de drone à Masisi, dans le Nord-Kivu, en janvier 2026. L’attaque a été attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). ©SOS Médias Burundi

Dans son communiqué officiel du 3 février 2026, la coalition AFC/M23 précise que cette action visait à neutraliser un centre de commandement responsable de frappes meurtrières contre des civils et des positions rebelles. La coalition avertit le régime de Kinshasa :

« Là où il persistera dans la commission de ces crimes, nous nous emploierons à neutraliser ces menaces à leur source ».

Réactivé en 2021, le M23 est désormais intégré à l’Alliance Fleuve Congo, dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante congolaise (CENI). Il contrôle plusieurs zones stratégiques du Nord- et du Sud-Kivu, dont Goma et Bukavu, chefs-lieux des deux Kivus, ainsi que le site minier de Rubaya, l’un des plus grands gisements mondiaux de coltan, essentiel à l’industrie électronique et aux nouvelles technologies. La coalition plaide pour un État fédéral en RDC.

Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir le M23. Malgré les démentis répétés de Kigali, un rapport du Groupe d’experts des Nations unies publié en 2025 a confirmé la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés du M23. Le Rwanda, de son côté, reproche au Burundi et à la RDC leur soutien aux FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994.

Entre août 2022 et décembre 2025, le Burundi a déployé plus de 29 000 soldats de la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) dans l’est de la RDC pour combattre aux côtés des FARDC et des milices Wazalendo, soutenues par Kinshasa, contre la coalition AFC/M23. Depuis décembre 2025, les affrontements dans le Sud-Kivu se sont intensifiés, poussant plusieurs milliers de familles à fuir vers les pays voisins. Le Burundi a accueilli à lui seul plus de 100 000 réfugiés congolais, aggravant une crise humanitaire déjà sévère, s’ajoutant à plus de 70 000 autres réfugiés présents dans la petite nation de l’Afrique de l’Est depuis le début de l’année.

Sur le terrain, les violences se poursuivent. Ici, une femme est alitée dans un hôpital du territoire de Masisi, dans le Nord-Kivu, après avoir été touchée lors des bombardements attribués à l’armée congolaise. ©SOS Médias Burundi
Une femme gravement blessée lors d’une attaque de drones attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en janvier 2026 à Masisi, dans le Nord-Kivu, reçoit des soins dans un hôpital local. Cette attaque illustre les souffrances continues des civils dans les zones touchées par le conflit. ©SOS Médias Burundi

Selon plusieurs sources locales, les FARDC utiliseraient les aéroports de Kisangani, Kalemie (chef-lieu de la province du Tanganyika) et Bujumbura (capitale économique du Burundi) comme bases de lancement de drones vers les zones sous contrôle de la coalition AFC/M23.

En réaction à l’annonce de l’AFC/M23, le porte-parole du gouvernement provincial de la Tshopo, Senold Tandia, a précisé :

« Les FARDC ont intercepté des engins hostiles aux alentours de l’aéroport de Kisangani et ont assuré la sécurité de toutes nos installations. Nous continuons à surveiller la situation et à protéger nos bases militaires. L’armée congolaise maintient son contrôle sur la province et toute information contraire est exagérée. »

L’attaque du centre de commandement à Kisangani marque un tournant dans le conflit, interrompant temporairement les frappes de drones sur les populations civiles et les positions alliées de la coalition. Elle illustre la complexité du conflit, impliquant des acteurs régionaux majeurs, des groupes armés locaux et des enjeux économiques et stratégiques liés à l’exploitation minière dans les Kivus.

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Photo : des miliciens locaux attaquent le M23 à Bashali dans le Nord-Kivu ©SOS Médias Burundi

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