Camp de Nduta : cinq réfugiés enlevés dans un climat de peur et d’expulsions annoncées
SOS Médias Burundi
Nduta, 20 février 2026 – La peur gagne du terrain dans le camp de Nduta, en Tanzanie. Cinq réfugiés burundais ont récemment été enlevés à des dates différentes, le dernier cas remontant à la nuit du mercredi 18 février. Des résidents dénoncent une série d’attaques nocturnes et parlent d’un climat d’intimidation croissant, alors que plane la menace d’expulsions massives.
Selon des témoignages recueillis sur place, les personnes disparues ont été identifiées par leurs proches, qui appellent à une intervention urgente des autorités et des organisations humanitaires.
« Les auteurs ne sont pas identifiés car certains d’entre eux portent des masques. Ils accusent ces réfugiés d’empêcher les autres de rentrer massivement au pays », rapportent des résidents du camp.
Violences nocturnes et accusations de pressions
Outre ces enlèvements, plusieurs réfugiés dénoncent des violences physiques répétées ainsi que des violences sexuelles perpétrées dans les décombres des maisons démolies par l’administration du camp.
« Ils attaquent la nuit, frappant parfois grièvement des réfugiés. Certains blessés se rendent auprès des équipes de Médecins Sans Frontières pour recevoir des soins. Des jeunes filles et des femmes sont également violées », affirment des réfugiés burundais.
Un réfugié interrogé estime que les assaillants ne seraient pas des Tanzaniens. « S’ils l’étaient, ils ne porteraient pas de masques, car nous les connaîtrions. Nous pensons qu’il y a aussi des Burundais parmi eux, venus du Burundi ou travaillant en complicité avec le gouvernement tanzanien », avance-t-il.

Destructions massives et menace d’expulsion
La situation intervient alors que les destructions d’habitations se poursuivent dans le camp.
« On dirait que c’est devenu normal et quotidien. Ils détruisent des maisons chaque jour. Le camp est devenu un chantier. Presque un tiers du camp est mis à terre », déplorent des réfugiés, qui prennent la communauté internationale à témoin.
Depuis la fin de l’année 2025, des réfugiés burundais vivant dans les camps de Nduta et de Nyarugusu, en Tanzanie, dénoncent de graves violations qu’ils présentent comme des pressions destinées à les contraindre à un retour forcé au Burundi.
Les opérations de démolition, entamées en janvier dernier, auraient déjà affecté plus de 30 000 personnes. Hôpitaux, centres de santé et écoles seraient également touchés.
Les autorités tanzaniennes ont annoncé qu’après le 31 mars, plus de 110 000 réfugiés burundais ne seront plus autorisés à rester sur le territoire tanzanien.
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Photo : Un réfugié burundais désemparé après la destruction de sa maison au camp de Nduta, en Tanzanie, craignant pour la sécurité de sa famille dans un climat de violences et d’enlèvements. © SOS Médias Burundi
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