Mahama (Rwanda) : manque criant d’eau potable

Mahama (Rwanda) : manque criant d’eau potable

SOS Médias Burundi

Mahama, 24 février 2026- Au quotidien, l’eau devient un luxe dangereux pour les réfugiés du camp de Mahama. Depuis quelques deux semaines, le camp, à l’Est du Rwanda, n’est presque plus alimenté en eau potable. La pluie torrentielle qui s’abat sur la région a endommagé les installations de purification, contraignant plus de 76 000 réfugiés à puiser l’eau nécessaire à leurs besoins quotidiens dans la rivière Akagera, qui sépare le Rwanda et la Tanzanie et reste souvent polluée, ou à se contenter de l’eau de pluie.

Au camp de Mahama, privés d’eau potable depuis quelques deux semaines, les réfugiés décrivent leur quotidien devenu intenable : « Nous la buvons et l’utilisons pour la cuisine, même si nous savons qu’elle est sale. Que faire alors ? On s’en fout des conséquences qui nous guettent », expliquent des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi, exaspérés par la situation. Mahama héberge plus de 40 000 Burundais ayant fui la crise politique de 2015, déclenchée par le troisième mandat controversé du feu président Pierre Nkurunziza.

Une source hospitalière locale affirme que, pour l’instant, aucune maladie liée à l’eau ou aux mains sales n’a été signalée. Néanmoins, les structures sanitaires se tiennent prêtes à faire face à une éventuelle catastrophe sanitaire, consciente des risques majeurs pour la population.

L’administration du camp assure que les installations endommagées seront réparées très prochainement. Un puits de pompage est également en cours d’aménagement, mais les réfugiés restent sceptiques quant à sa capacité à desservir un camp en constante expansion.

La guerre à l’Est de la RDC, entre l’armée congolaise et le mouvement M23, a provoqué une nouvelle vague d’arrivées au camp de Mahama, aggravant encore la crise humanitaire et la pression sur les infrastructures de base, notamment l’approvisionnement en eau potable.

Face à cette situation, les réfugiés dénoncent une gestion insuffisante et tardive, alertant sur les risques sanitaires graves qui pourraient toucher des milliers de personnes si aucune solution rapide n’est trouvée.

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Photo : réhabilitation des tuyaux d’alimentation en eau potable au camp de Mahama au Rwanda © SOS Médias Burundi

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