Burundi : SOS-Torture dénonce un climat de répression et de violences en 2025
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 18 mars 2026 — Le rapport annuel 2025 de SOS-Torture Burundi, organisation opérant depuis l’exil, dresse un tableau sombre de la situation des droits humains dans la petite nation de l’Afrique de l’Est. Bien que non reconnue par les autorités, qui considèrent l’organisation comme hostile, SOS-Torture documente des violations graves et systématiques touchant l’ensemble de la population.
En 2025, le CNDD-FDD, le parti présidentiel, a consolidé son pouvoir à travers les élections législatives, communales et sénatoriales, dans un contexte marqué par la répression de l’opposition politique, des journalistes et des défenseurs des droits humains. Les réformes administratives récentes, notamment la réduction du nombre de provinces et de communes, ont limité la visibilité sur certaines violations et rendu plus difficile la protection des populations.
Sur le plan économique, le pays fait face à une inflation de 39 %, à des pénuries de carburant et à une crise des devises. Les mesures de répression contre la contrebande ont souvent été accompagnées de violences et d’abus, aggravant la précarité des citoyens.
Régionalement, le Burundi est affecté par le conflit armé à l’Est de la République démocratique du Congo, avec la participation directe de l’armée burundaise aux côtés des forces gouvernementales et l’afflux massif de réfugiés congolais, augmentant la pression sécuritaire et humanitaire sur le territoire burundais.
Violations documentées en 2025
SOS-Torture Burundi a recensé 222 cas de violations graves :
Atteintes au droit à la vie
136 cas (61 % du total) : incluant assassinats extrajudiciaires, exécutions par des membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD et décès en détention liés à des abus ou au refus de soins.
Les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, ancienne rébellion hutu au pouvoir depuis 2005 à la suite de l’accord d’Arusha d’août 2000, sont fréquemment impliqués dans des actes de violence ciblée contre des militants de l’opposition, des commerçants ou des civils accusés de sorcellerie, selon SOS-Torture.
Atteintes à l’intégrité physique
29 cas documentés : torture, mauvais traitements et agressions ciblées.
Victimes : militants de l’opposition, journalistes et citoyens ordinaires. Les violences sont souvent perpétrées par les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD avec la complicité implicite des forces de sécurité.
Arrestations et détentions arbitraires
27 cas : utilisés comme outil de répression contre les voix critiques et les opposants politiques, souvent sans justification légale ni accès à un avocat.
Enlèvements et disparitions forcées
30 cas : pratiques clandestines visant à instaurer la peur et à contrôler la population.

Une commerçante ambulante embarquée de force à l’arrière d’un pick-up de la brigade anti-émeute à Bujumbura. Les commerçantes de rue et agentes de transfert d’argent dénoncent des violences récurrentes des forces de l’ordre et des membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, comme documenté par SOS-Torture. © SOS Médias Burundi
Climat d’impunité et de peur
Le rapport souligne que la majorité des violations reste impunie, et que la peur est utilisée comme un instrument de contrôle politique. L’espace démocratique est extrêmement restreint, et les journalistes, militants et défenseurs des droits humains évoluent dans un environnement de menace constante.
Appel à l’action
SOS-Torture Burundi appelle les autorités à :
Ouvrir des enquêtes impartiales sur toutes les violations documentées.
Protéger les victimes et témoins.
Respecter les obligations internationales en matière de droits humains.
L’organisation rappelle que son travail, bien qu’exilé, est indépendant et documenté, malgré le refus des autorités burundaises de le reconnaître et leur accusation de collaboration avec des ennemis de la nation.
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Photo : Des Imbonerakure, agents du Service national des renseignements (SNR) et policiers tentent de forcer la porte d’une maison appartenant à un opposant suspecté de détenir des armes illégalement, dans le nord de la ville commerciale Bujumbura. © Jean Pierre Aimé Harerimana / SOS Médias Burundi
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