Rumonge : un site de traitement de minerais sous haute surveillance militaire à Mutambara

Rumonge : un site de traitement de minerais sous haute surveillance militaire à Mutambara

SOS Médias Burundi

Rumonge, 21 avril 2026 —Depuis plus de deux ans, un site de traitement de minerais opère dans une discrétion quasi totale sur la colline Mutambara, en commune de Rumonge, dans la province de Burunga, au sud-ouest du Burundi. Entouré de mystère, ce complexe est placé sous une surveillance militaire stricte, alimentant interrogations et spéculations au sein de la population locale.

Selon plusieurs sources concordantes à Mutambara, l’accès au site est fortement restreint. Même des agents administratifs locaux n’y ont pas libre accès.
« Un agent de la commune a, un jour, essayé de passer à côté du site, mais les soldats qui y montent la garde lui ont refusé. Il a tenté de s’expliquer, en vain », confie une source sur place.

Cette fermeture alimente un climat de suspicion autour des activités qui s’y déroulent, d’autant plus qu’aucune communication officielle n’a été faite sur la nature exacte du projet ni sur ses retombées économiques pour la localité et pour le pays.

Un ballet de camions militaires

Le site est marqué par un va-et-vient régulier de camions militaires, selon une source issue des forces de défense.
« Ces camions entrent et sortent du site. Ils amènent des minerais bruts provenant de la République démocratique du Congo, et repartent avec des minerais après raffinerie », affirme-t-elle, ajoutant que les camions prennent la direction de Rumonge vers Bujumbura, la capitale économique où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration, et où se trouve le seul aéroport de la petite nation de l’Afrique de l’Est, en passant par la RN3 (route nationale numéro trois).

Ces allers-retours constants suggèrent l’existence d’une chaîne d’approvisionnement transfrontalière impliquant des minerais en provenance de la RDC, riche en ressources naturelles et dans l’est de laquelle l’armée burundaise est engagée aux côtés des FARDC, l’armée loyaliste congolaise, et des milices Wazalendo soutenues par Kinshasa.

Une gestion au sommet de la hiérarchie militaire

D’après des sources sécuritaires, le site serait placé sous la responsabilité directe de hauts gradés de l’armée. Un incident survenu récemment illustre le niveau de sensibilité entourant les opérations.

Un ressortissant tanzanien, employé sur le site, a été placé en détention préventive au commissariat provincial de la police de Rumonge pendant près de six mois.
« L’ordre de détenir ce travailleur est venu du chef d’état-major lui-même, le général Prime Niyongabo, l’accusant d’être impliqué dans la disparition d’une pièce d’une machine », révèle une source policière.

Ce cas met en lumière le contrôle strict exercé sur les travailleurs ainsi que la chaîne de commandement impliquée dans la gestion du site.

Entre opacité et inquiétudes locales

L’absence de transparence autour de ce site de traitement de minerais suscite des préoccupations parmi les habitants de Mutambara et des environs. Entre restrictions d’accès, présence militaire accrue et flux logistiques inhabituels, les activités qui s’y déroulent restent entourées d’un voile d’opacité.

Alors que le Burundi cherche à valoriser ses ressources naturelles, ce site pourrait représenter un enjeu économique majeur. Mais en l’absence d’informations officielles, il demeure avant tout une source de questionnements pour les riverains comme pour les observateurs.

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Photo : Ici, un navire de la marine burundaise stationné sur les eaux du lac Tanganyika ramène des éléments de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) ainsi que leurs équipements. Le mardi 14 avril 2026. Ces mouvements interviennent dans un contexte sécuritaire marqué par des activités militaires dans la région, notamment dans les zones proches de Mutambara, où un site de traitement de minerais est placé sous haute surveillance. © SOS Médias Burundi

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