Après trois semaines de réouverture, la route Uvira–Bukavu devient un couloir de taxes imposées à la population
SOS Médias Burundi
Uvira, 21 avril 2026 –Après deux semaines de réouverture de la Route nationale numéro 5 reliant la ville d’Uvira à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo, des voix s’élèvent au sein de la population pour dénoncer des frais jugés excessifs exigés aux différentes barrières érigées le long de cet axe stratégique.
Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, est actuellement sous le contrôle des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) depuis le début de l’année 2025, une situation qui continue de peser sur la dynamique sécuritaire et administrative dans la région.
Les usagers de cette route, notamment les commerçants et transporteurs, affirment devoir s’acquitter de sommes importantes aux points de contrôle installés notamment dans la plaine de la Rusizi, à Runingu et Biriba. Ces barrières sont tenues par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les milices locales Wazalendo, soutenues par Kinshasa.
« Nous sommes très contents de la réouverture de la route Uvira–Bukavu. Mais nous traversons quatre barrières où l’on nous exige 5 000 francs congolais à chaque passage. Pour atteindre Bukavu, nous payons au total 20 000 francs congolais aux barrières des FARDC et des Wazalendo dans les zones qu’ils contrôlent. Par contre, nous ne payons rien aux barrières du M23 », témoigne un usager.
Malgré ces contraintes financières, certains habitants reconnaissent que la réouverture de cet axe routier a considérablement amélioré les échanges commerciaux et la circulation des personnes.
« Nos poissons du lac lac Tanganyika sont désormais vendus à Bukavu et même à Goma sans difficulté. Avant, pour rejoindre Bukavu, nous devions passer par le Burundi, la Tanzanie et le Rwanda, en payant jusqu’à 50 dollars pour les documents migratoires, en plus de la carte jaune », explique un commerçant.
Pour rappel, la route Uvira–Bukavu avait été fermée au mois de mars par les Wazalendo, suite à des rumeurs faisant état d’une infiltration de combattants du M23 en provenance de Bukavu pour des activités d’espionnage dans la plaine de la Rusizi.
Actuellement, bien que la circulation ait repris, les FARDC et les Wazalendo ont maintenu plusieurs barrières pour contrôler les mouvements des personnes et des biens, aussi bien en direction de Bukavu qu’en provenance d’Uvira.
Face à cette situation, la population appelle à une réduction, voire une suppression de ces frais, estimant qu’ils freinent la reprise économique et alourdissent davantage les conditions de vie dans cette partie de l’est de la RDC.
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Photo : Un parking dans la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo. Après trois semaines de réouverture de la route Uvira–Bukavu, la circulation et les activités économiques reprennent progressivement dans la zone, malgré des plaintes persistantes de la population concernant des taxes jugées illégales et prélevées aux points de contrôle. © SOS Médias Burundi
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