Ruyigi : des tirs de sommation au site de Busuma lors de la célébration de l’Aïd al-Adha

Ruyigi : des tirs de sommation au site de Busuma lors de la célébration de l’Aïd al-Adha

SOS Médias Burundi

Ruyigi, 28 mai 2026 – Des tirs de sommation ont été entendus dans la soirée du mercredi 27 mai 2026 au site de réfugiés congolais de Busuma, en commune de Ruyigi, dans la province de Buhumuza, à l’est du Burundi, alors que des milliers de musulmans célébraient l’Aïd al-Adha, également appelée Aïd el-Kébir ou fête du sacrifice, l’une des plus importantes fêtes du calendrier islamique.

Depuis les premières heures de la journée, l’ambiance était marquée par des prières collectives, des chants religieux et des rassemblements familiaux organisés à travers le site. Selon plusieurs habitants, plus d’une centaine de têtes de bétail avaient été abattues afin de permettre aux familles musulmanes de partager la viande conformément à la tradition islamique.

Mais la situation s’est tendue au moment de la distribution. D’après plusieurs témoins, des réfugiés non musulmans auraient également tenté de bénéficier du partage de viande, provoquant des disputes et des altercations entre groupes de réfugiés.

Face à la confusion grandissante et aux tensions observées autour des points de distribution, les policiers chargés de la sécurité du site seraient intervenus pour disperser la foule. Des tirs de sommation auraient alors été effectués en l’air afin de rétablir l’ordre et d’éviter une escalade de violence.

Un réfugié musulman ayant requis l’anonymat a raconté à SOS Médias Burundi :

« Nous étions venus célébrer notre fête dans la paix. Après la prière, nous avons commencé à partager la viande comme le veut notre religion. Mais beaucoup de personnes se sont précipitées pour prendre de la viande alors qu’elles ne faisaient pas partie de l’organisation. Cela a créé des disputes et la police a commencé à tirer en l’air pour calmer la situation. »

Malgré la panique provoquée par les détonations, aucune perte en vie humaine n’a été signalée, selon plusieurs sources locales. Certains réfugiés affirment toutefois que plusieurs familles ont quitté précipitamment les lieux dans la peur et que les célébrations se sont terminées dans une atmosphère de forte tension.

Au Burundi, la journée du 27 mai 2026 avait été déclarée fériée et payée à l’occasion de l’Aïd al-Adha, célébrée par une partie de la communauté musulmane du pays.

Un site sous tension depuis plusieurs mois

Le site de Busuma accueille plusieurs dizaines de milliers de réfugiés congolais ayant fui les combats et l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo entre décembre 2025 et janvier 2026. La majorité d’entre eux sont originaires de la province du Sud-Kivu, frontalière avec le Burundi.

Les conditions de vie dans ce site demeurent difficiles, selon des réfugiés et plusieurs acteurs humanitaires. Des tensions et altercations entre réfugiés et forces de l’ordre y sont régulièrement signalées.

Lors des fêtes de fin d’année précédentes, des incidents avaient déjà éclaté autour de la distribution de l’aide humanitaire. Des agents humanitaires avaient notamment été pris à partie par des réfugiés mécontents des conditions de distribution et du manque de vivres.

Récemment, les autorités burundaises et congolaises, en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ont entamé un processus encore limité de rapatriement volontaire de certains réfugiés congolais vers leurs localités d’origine, malgré la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones de l’est congolais.

Une fête du sacrifice et du partage

L’Aïd al-Adha, également appelée Aïd el-Kébir ou fête du sacrifice, est la plus grande fête du calendrier islamique. Elle commémore l’acte de foi du prophète Ibrahim (Abraham), prêt à sacrifier son fils par obéissance à Dieu avant qu’un mouton ne soit offert à sa place selon la tradition musulmane.

Cette célébration est marquée par des prières collectives, l’abattage rituel d’animaux et le partage de la viande avec les proches, les voisins et les personnes démunies. Elle symbolise la solidarité, le pardon et l’entraide au sein des communautés musulmanes.

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Photo : Des membres de la communauté musulmane du camp de Busuma, dans l’est du Burundi, attendent d’être servis lors de la distribution de viande. La situation a dégénéré, entraînant des tirs de sommation. © DR/SOS Médias Burundi

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