Bujumbura : un ressortissant congolais arrêté par les renseignements burundais

Bujumbura : un ressortissant congolais arrêté par les renseignements burundais

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 29 mai 2026 — Le ressortissant congolais Babunga Benjamin Watuna a été arrêté mardi 27 mai 2026 dans la ville de Bujumbura, capitale économique du Burundi, par les services de renseignement burundais. Selon plusieurs sources concordantes, cette arrestation serait liée à des accusations de collaboration avec le mouvement rebelle AFC/M23, dans un contexte de coopération sécuritaire renforcée entre Kinshasa et Gitega.

D’après les informations en notre possession, les services de sécurité de la République démocratique du Congo auraient sollicité l’intervention des autorités burundaises afin d’interpeller Babunga Benjamin Watuna. Ce dernier est notamment accusé d’avoir publié sur les réseaux sociaux Facebook et X des analyses critiques envers le régime du président Félix Tshisekedi ainsi que sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Dans plusieurs provinces de l’Est congolais, certains citoyens considèrent Babunga Benjamin Watuna comme un analyste indépendant apprécié pour ses prises de position sur les événements historiques et sécuritaires dans la région des Grands Lacs. D’autres, en revanche, l’accusent d’être proche du Rwanda ou du mouvement M23 en raison de certaines de ses déclarations sur la guerre dans l’Est de la RDC.

Avant son arrestation, Babunga Benjamin Watuna travaillait dans le domaine humanitaire. Il a collaboré avec plusieurs organisations internationales, notamment AMI, ADRA, ZOA, Mercy Corps, Save the Children, CARE et UNOPS.

Originaire de la République démocratique du Congo, il a poursuivi ses études universitaires au Burundi et a longtemps vécu entre Bujumbura et Uvira. Selon des sources proches de sa famille, son épouse et ses enfants résident actuellement en Belgique.

Cette arrestation intervient dans un contexte marqué par une coopération sécuritaire renforcée entre Kinshasa et Gitega. Plusieurs Congolais auraient déjà été arrêtés au Burundi puis transférés vers Kinshasa ces dernières années.

Guy Kabombo Muadiamvita, vice-Premier ministre congolais en charge de la Défense, reçu à Bujumbura par Marie Chantal Nijimbere, ministre burundaise de la Défense, le 26 mai 2026, une journée avant l’interpellation de Babunga Benjamin Watuna. © FDNB

En 2025, Laurent Ruboneka, employé à l’ambassade de la République démocratique du Congo au Burundi, avait également été arrêté par les services de renseignement burundais avant d’être transféré à Kinshasa.

L’arrestation de Babunga Benjamin Watuna survient quelques jours après la visite au Burundi du vice-Premier ministre et ministre de la Défense de la République démocratique du Congo, dans un climat régional marqué par des tensions persistantes liées au conflit dans l’Est du pays.

Entre août 2022 et décembre 2025, des dizaines de milliers de soldats burundais ont été déployés dans l’Est congolais aux côtés des FARDC et de groupes alliés de Kinshasa dans les opérations contre le M23 et ses partenaires.

Le M23, mouvement rebelle redevenu actif dans l’Est de la République démocratique du Congo depuis fin 2021, contrôle plusieurs zones stratégiques, notamment des axes urbains et miniers importants. Il est désormais associé à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RDC. Cette coalition plaide pour l’instauration d’un État fédéral en RDC.

Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le M23, tandis que Kigali rejette ces accusations et affirme de son côté que la RDC et le Burundi soutiennent les FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis de 1994.

Malgré les démentis, un rapport d’experts des Nations Unies publié en 2025 a évoqué la présence de plusieurs milliers de militaires rwandais aux côtés des rebelles du M23 dans l’Est congolais.

Sur le terrain, les combats continuent de provoquer d’importants déplacements de populations civiles vers les pays voisins et les zones jugées plus sûres, malgré les multiples initiatives diplomatiques et accords de paix encore fragiles dans la région des Grands Lacs.

Après le retrait des rebelles du M23 de la ville d’Uvira en janvier dernier, une ville qu’ils avaient occupée durant un mois, puis plus récemment de la plaine de la Rusizi, l’armée burundaise a procédé à de nouveaux déploiements massifs via le lac Tanganyika vers le Sud-Kivu.
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Photo : Babunga Benjamin Watuna, ressortissant congolais détenu par les services de renseignement burundais à Bujumbura. © DR/SOS Médias Burundi

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