Photo de la semaine – Marché du bétail de Rutegama : une pénurie d’eau potable qui inquiète commerçants et usagers

Photo de la semaine – Marché du bétail de Rutegama : une pénurie d’eau potable qui inquiète commerçants et usagers

Le marché du bétail de Rutegama, situé dans la commune et province de Gitega, au centre du Burundi, est confronté à une grave pénurie d’eau potable qui inquiète commerçants, restaurateurs et visiteurs. Sur place, plusieurs usagers décrivent une situation difficile qui perturbe les activités quotidiennes et fait craindre des risques sanitaires.

Sur ce grand marché de bétail, vendeurs, restaurateurs et visiteurs racontent un manque d’eau qui complique fortement l’hygiène et les activités quotidiennes.

« Nous sommes gênés par le manque d’eau potable. Même les toilettes qui ont été construites ne sont pas fonctionnelles suite à la non-disponibilité de l’eau. On risque d’attraper des maladies des mains sales », explique Remegie Mphayokurera, 40 ans, vendeur de vaches.

Il poursuit : « Nous sommes obligés de chercher des endroits dans les environs pour nos besoins, tandis que certains recourent à la défécation à l’air libre dans les broussailles voisines. »

Selon lui, ces conditions exposent les usagers à de sérieux risques sanitaires : « C’est une mauvaise pratique qui peut entraîner la propagation de plusieurs maladies. »

Des restaurateurs confrontés à des coûts élevés

Les restaurateurs installés autour du marché disent également subir les conséquences directes de cette pénurie.

« Sous un soleil accablant, il est difficile de trouver de l’eau à boire faute de robinet », témoigne Liduine Ndayisenga, restauratrice.

Elle ajoute : « Beaucoup de personnes viennent demander de l’eau, mais nous ne pouvons pas toujours satisfaire tout le monde selon les quantités disponibles. »

« Chaque jour, j’utilise au moins six bidons de 20 litres que j’achète à 500 francs burundais par bidon dans un ménage voisin. Pourtant, nous payons 10.000 francs par an ainsi que 1.000 francs chaque jour de marché », précise-t-elle.

Des commerçants qui s’interrogent sur la gestion des recettes

Les commerçants de bétail s’interrogent sur l’utilisation des recettes perçues au marché.

« Il est incompréhensible qu’un marché de cette envergure ne dispose pas d’eau potable », déplore Léonard Niyonzima, commerçant.

Il précise : « Chaque vache paie 20.000 francs burundais, tandis qu’une chèvre ou un mouton paie 5.000 francs avant d’entrer au marché. »

« Nous nous demandons à quoi servent ces fonds alors que les toilettes restent fermées faute d’eau », ajoute-t-il.

Des petits restaurateurs sous forte pression

Les petits restaurateurs disent consacrer une part importante de leurs revenus à l’achat d’eau.

« Nous n’avons pas d’eau potable. Nous devons envoyer des personnes puiser de l’eau à environ deux kilomètres d’ici », explique Ange Irakoze, restauratrice.

Elle ajoute : « Un bidon de 20 litres coûte 1.000 francs avec le transport. J’utilise environ dix bidons par jour, soit 10.000 francs uniquement pour l’eau. »

Une situation sanitaire préoccupante

Les usagers alertent sur les risques sanitaires liés à cette pénurie d’eau, notamment la propagation de maladies liées au manque d’hygiène dans un marché très fréquenté.

Promesse des autorités communales

Contacté, l’administrateur de la commune de Gitega, le docteur Jacques Nduwimana, reconnaît l’ampleur du problème et promet une intervention prochaine.

Selon lui, une correspondance sera adressée à la REGIDESO, seule entreprise étatique en charge de la distribution de l’eau et de l’électricité, afin de demander le raccordement du marché du bétail de Rutegama au réseau d’eau potable. Cette mesure est jugée prioritaire pour améliorer les conditions sanitaires et le fonctionnement du marché.

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Notre photo : des vaches sur le marché du bétail de Rutegama, dans la commune et province de Gitega, au centre du Burundi, où les usagers dénoncent une pénurie d’eau potable

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